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Festival de Dour

Santigold, l’acrobate de Dour

Michi-Hiro Tamaï

Mis en ligne le 18/07/2009

Tryo et Santigold ont bouclé la première date de Dour en beauté.

Après une première partie de journée solaire, la seconde moitié de l’ouverture du festival de Dour chaloupait entre reggae, electro, rencontres improbables et menaces météo ce jeudi sur la Plaine de la Machine à Feu. Trônant parmi plus grands rassemblements européens de musiques alternatives, l’évènement n’affiche pas encore complet mais l’organisation en tire un "premier bilan ultra positif, sans aucun couac côté organisation". The Asteroids Galaxy Tour, The Jim Jones Revue, Pascale Picard et Qemists : entre funk, rock psyché, folk, la première fournée d’artistes qui se sont succédé sur cinq des six scènes du festival a régalé près 34000 paires d’oreilles.

Dour annonce encore quelque centaines de places d’un jour disponibles pour le weekend. Le sold out est proche, malgré les annulations successives de Friendly Fires (remplacé au pied levé par Compuphonic jeudi), Monotonix et Assassin (prévu ce dimanche). " Ca faisait quelques années qu’on avait plus eu d’annulations de dernière minutes, mais il faut faire avec" note Alex Stevens, co-programmateur et attaché de presse de l’évènement. " On essaye de trouver un remplaçant hip hop français ou belge pour Assassin."

Malgré une belle sélection de groupes metal avec Amen Ra, Isis et Meschuka, la journée du jeudi se plaçait surtout sous le signe de la relaxation. Sur le coup de 21h30, Tryo profite ainsi de la jetée installée sur la vaste plaine de la Last Arena pour appâter le public. Généreux et chaleureux, le quatuor entonne "Ce matin, rapport sur le climat, il ne survivrait que les rats" sur "Toi et moi".

A juste titre car si le temps s’est montré clément jusqu’ici, le vent se lève et les nuages envahissent le ciel qui vire du gris au noir. La météo contraste d’ailleurs avec le rythme chaloupé des compositions comme "L’hymne de nos campagnes" lancé lors d’un rappel couronné d’une chorégraphie fédératrice d’"Around the World" de Daft Punk par les membres du groupe.

Transition idéale. A un jet de gobelet à bière de là, l’electro hypnotique et sensuelle de Dr. Lektroluv fait patienter en attendant Santigold, tête d’affiche de la soirée. La chanteuse de Philadelphia au timbre grinçant stupéfait plus d’un festivalier. Mieux, son aptitude à enchaîner les grands écarts musicaux sans jamais tomber fascine. Rythmes africains, passages rap, dub et surtout son influence rock (sur le très Pixies "Lights Out") : la sauce prend et surprend. Les singles pleuvent, "Say Aha" résonne et le refrain imparable de "L.E.S. Artistes" gagne définitivement les faveurs du public.

Les premières grosses gouttes tombent. Les dos dénudés perlent. Et les sombreros déprimés se réfugient sous la tente surchauffée du Club Circuit pour MSTRKRFT (dites Masterkraft). Son son "Bounce" met le feu à la salle, stroboscopique et fumante. Surprenant son public, le duo ose se fendre d’un transition glissant du "Satisfaction" de Beni Benassi au "Bohemian Rhapsody" de Queen. La salle est en délire, tout comme le festival qui s’apprête à vivre trois jours de folie pure et dure.

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