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Nuits des musées - Paris

« La gratuité est une motivation »

M.C. et J.N.

Mis en ligne le 19/05/2008

La Ministre Française de la Culture, Christine Albanel, participait également à la Nuit des Musées. Nous l’avons rencontrée au Musée national des Arts asiatiques Guimet, sur le parcours des tigres et dragons.

Comment s’est passé votre programme pour la nuit des musées?

Ça s’est passé de façon merveilleuse parce que très contrastée. J’ai commencé avec l’œuvre inédite de Richard Serra à la Nef du Grand Palais. Elle était accompagnée d’une œuvre de Pascal Du Sapin et des ultra sons. C’était un moment remarquable. Après je suis allée à la Cité des sciences et de l’industrie – La Villette à une exposition qui demande entre 7 heures et demi et 8 heures de visite sur les origines de l’univers. Je n’y ai pas passé 7 heures mais j’y ai découvert que ce sont les étoiles qui sont à l’origine des atomes dont la terre est faite. J’ai donc fait une grande découverte ce soir ! C’était une exposition scientifique très passionnante. Après ça, je suis allée à une exposition sur les 2CV, c’est plein de souvenirs. Il y avait également un concert mené par un robot, capable de reproduire le mouvement d’un chef d’orchestre. Et puis nous voici ici au musée Guimet, un des musées asiatiques les plus importants d’Occident. J’y ai trouvé beaucoup de convivialité, beaucoup de visiteurs qui ne vont sans doute pas souvent dans les musées.

Enormément de visiteurs pour cette nuit des musées, qui demanderaient peut-être une nuit des musées toute l’année?

Je crois que ce qui fait le prix de la nuit des musées c’est que ce n’est pas toute l’année. C’est ouvert alors que d’habitude c’est fermé. C’est la nuit donc on est ensemble différemment. Il y a de toutes les générations. Je crois qu’il faut garder cet aspect festif. Chaque année, il y a des pays et des villes en plus. Ça veut dire que toute l’Europe vit la même chose au même moment, c’est-à-dire la découverte de ses musées.

Ce qui motive surtout les visiteurs c’est que c’est gratuit…

La gratuité est une motivation et c’est pourquoi on est en train d’étudier cette notion de gratuité. Elle augmente la fréquentation des musées et il nous faut examiner si elle amène un autre type de public ou pas. Il y a déjà des formes de gratuités ciblées pour les jeunes, de 18 à 25 ans, de 18h à 21h que nous avons déjà expérimentés au Louvre, au Quai Branly, au centre Pompidou, au Quai d’Orsay,…

La nuit des musées se termine à 1h du matin en France, est-ce que vous envisagez de pousser un petit peu plus tard l’année prochaine ?

On peut y réfléchir mais je pense qu’une nuit de 19h à 1h du matin c’est déjà un laps de temps assez long. Il n’y a pas eu beaucoup de demandes pour la prolonger. On avait essayé une fois à Versailles jusqu’à 3h du matin mais il n’y avait pas tellement de monde en fin de nuit…

Est-ce que c’est une initiative pour que les Français s’intéressent plus à la culture aujourd’hui ?

Je crois que la France est dans son rôle quand elle lance comme ça des initiatives qui sont reprises dans toute l’Europe. Pour des lieux qui se visitent, c’est particulièrement opérant. Pour le lire en fête et la journée de l’architecture c’est déjà un peu plus complexe.

C’est important aussi de dépoussiérer les musées, de faire en sorte qu’ils soient accessibles à tout le monde ?

Il y a déjà des musées complètement dépoussiérés comme ici le musée Guimet qui a été complètement remis à neuf. Par contre, il faut que les gens cessent de penser qu’un musée c’est poussiéreux et c’est pourquoi une nuit des musées est formidable.

Savoir Plus

Rendre les musées vivants

Céline Janvier, de la Direction des Musées de France, nous accompagnaient durant toute cette nuit à Paris.
Elle nous explique le point de départ de cette initiative : « Les gens ont une image poussiéreuse des musées et n’y allaient pas sauf s’ils y étaient obligés. Donc on a eu envie de les ouvrir à un moment plus convivial de la journée qui pourraient donner envie aux gens de venir visiter les musées. Quand on fait la démarche une fois, on a plus tendance à revenir.»

Et le côté européen dans tout ça ? L’idée c’est de faire quelque chose qui soit européen et pas uniquement national. On essaie de créer des liens, on oblige les musées à travailler ensemble. Certains musées comme le Louvre n’ont pas besoin de ce genre d’initiative pour attirer du monde, pour d’autres musées ça permet de les faire connaître au grand public.»

M.C.

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