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Musée

Le défi de Bernard Tschumi

Angelique Kourounis

Mis en ligne le 19/06/2009

Rencontre à Athènes avec l'architecte du nouveau musée de l'Acropole.
Correspondante à Athènes

Pour Bernard Tschumi, les contraintes imposées par les cahiers des charges "ne sont rien d’autre que des éléments à intégrer dans le futur bâtiment et les tourner à son avantage". Pour le nouveau musée de l’Acropole il n’y avait que des contraintes, dit il en riant. "Imaginez de devoir construire un bâtiment où 70 % du site sont déjà occupés par des vestiges d’une autre époque. C’est un défi extraordinaire pour l’architecte: comment les préserver et comment les mettre en scène."

La solution est venue toute seule : le musée sur pilotis. "On a négocié avec les archéologues à quel endroit mettre chacune de ces colonnes pour pouvoir justement avoir un musée qui soit à la fois le reflet de la vie domestique quotidienne et celui de la vie des dieux." Dans la même philosophie, on fait avec ce que l’on a et en Grèce on a la luminosité, souligne l’architecte franco-suisse : "Nous avons voulu éviter un bâtiment introverti mais plutôt laisser pénétrer la lumière quelque peu adoucie pour obtenir cette perfection de la lumière de l’Attique et la diffuser dans le musée."

Un musée militant aussi puisqu’il se voulait en quelque sorte un reflet du Parthénon. "Cela venait de notre volonté de restituer la configuration originale de la frise du Parthénon, qui n’était pas une série de tableaux individuels comme ils sont présentés à Londres, mais une œuvre dynamique à lire en mouvement dans l’espace: une longue promenade, une histoire. Nous avons voulu recréer la possibilité pour le visiteur, comme il y a 2005 ans, de lire cette histoire."

A ceux qui auraient rêvé un bâtiment néoclassique à la Phidias, grand bâtisseur du Parthénon, Bernard Tschumi répond : "Pythagore, c’est à lui le mathématicien grec qu’il faut se référer. A sa précision du concept et de pouvoir développer une idée et de la traduire avec la même précision."

Un concept très clair de ce bâtiment en trois parties, celle qui s’adresse à l’archéologie, la partie inférieure, ensuite la partie centrale qui est cette forêt de colonnes et, au dernier étage la galerie de verre. "Lorsque nous avons regardé le détail des choses - car l’architecture, je le répète, est un concept: d’abord une idée et sa matérialisation -, nous nous sommes aperçus que la force du dialogue entre le bâtiment que nous réalisions et les sculptures suffisait. Pas besoin de rajouter des parois en plâtre ou en verre ou de faire de la scénographie. C’est un musée qui ne nécessite pas de scénographie. Il est d’une pureté absolue d’une précision presque mathématique." Foi d’architecte.

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