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Art contemporain | Livre
Michel François, un modèle de liberté
Claude Lorent
Mis en ligne le 01/03/2010
On pourrait se lancer dans une interminable énumération correspondant aux innombrables images d’œuvres reprises dans cette monographie, qui complète la déjà très riche exposition monographique qui vient de se clôturer au S.M.A.K à Gand. Une énumération pour tracer un fil conducteur, un fil de cohésion à travers l’œuvre de Michel François (1956, Saint-Trond - Vit à Bruxelles), un plasticien, sculpteur, comme le souligne le critique Guillaume Désanges, à l’ouvrage depuis plus de trente ans.
Sculpteur, il l’était d’ailleurs très concrètement dès ses premières œuvres, mais en mettant directement la notion à la question à laquelle il n’a cessé de répondre en multipliant les pistes et en ouvrant des voies. Michel François est "un modèle de liberté et de mobilité dans l’acte créatif [ ] travaillant toujours dans le risque et la fulgurance", écrivent en préface de l’ouvrage Philippe Van Cauteren et Nathalie Ergino.
S’il est effectivement une cohérence à trouver, sans aucun doute c’est celle de la vie et de l’art rassemblés en une démarche qui mêle constamment l’une et l’autre, l’être et le monde qui l’entoure, de la nature aux autres, tous les autres, de la famille aux inconnus, le tout aux bonheurs des rencontres. Répertoriant les thématiques favorites de l’artiste et soulignant que le travail "est un modèle de reconfiguration sensuelle et idéologique de l’immédiat", le critique parle notamment "de la narration bien présente dans cette œuvre si formelle, mais de manière sous-jacente ".
Les nombreuses photographies qui montrent souvent des enfants, des jeux, des scènes diverses, traduisent en effet ce besoin de raconter par l’image, et, pour reprendre une autre expression de l’auteur, de "faire corps" avec l’ensemble des images, des sculptures, des interventions, des objets, qui, individuellement, peuvent paraître disparates alors qu’ils font partie d’un seul cheminement mais aux innombrables ramifications.
Il n’est sans doute pas de meilleure évocation de ce mode de travail et de pensée que le long soliloque de l’artiste recueilli par Jean-Paul Jacquet. Tout ou presque y passe dans une continuité naturelle qui met inlassablement à bout de souffle le lecteur et constitue cette permanente réflexion; celle qui passe précisément de la vie quotidienne à l’art à travers une accumulation de propos qui s’enchaînent pour se terminer sur cette phrase emblématique : "C’est un trajet qui nous aide dans notre progression, on perd le fil."
Michel François. Plans d’évasion. 360 p., cart. Très nombreuses ill. en n/bl et coul., texte analytique (fr/ang) de Guillaume Désanges, Bio et liste des posters. Roma Publications..
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