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Mode | Prêt-à-porter autom ne hiver 2010-2011

Motifs et matières : ce qui a mijoté à Milan

Aurore Vaucelle

Mis en ligne le 02/03/2010

Fin des défilés, à Milan, ce lundi, l’automne-hiver 2010 est déjà en route pour Paris.

Les semaines se suivent et les défilés s’enchaînent. Après New York et Londres, où la fashion week fut marquée par un hommage au couturier décédé récemment Alexander McQueen, Milan ouvrait les hostilités. Pour un temps réduit, cette année. La tête pensante de "Vogue", Anna Wintour, qui semble décidément faire la pluie et le beau temps sur la planète mode, avait allégué que la semaine de la mode s’étirait trop en longueur, qu’elle ne passerait pas la semaine à Milan, et qu’il serait opportun de concentrer tous les grands défilés sur trois jours (entendu ici les marques déjà bien en vue), histoire de ne pas s’éterniser dans la cité milanaise. Et la visite du Dôme, alors ! On ne peut que regretter, bien sûr, une telle démarche qui ne manquera pas de reléguer les couturiers moins connus dans les marges du calendrier. Le diktat du magazine au papier glacé aidant - souverain dans la diffusion des marques -, vendredi, samedi et dimanche virent s’aligner la kyrielle des grandes griffes italiennes, Armani, Versace, Prada, Gucci, Dolce&Gabbana enfin.

Et tandis que le groupe de mode italien Mariella Burani, marque dite de "luxe accessible", indiquait qu’il devait mettre la clef sous la porte, les grandes marques ne semblaient pas concernées par la crise. On voyait défiler beaucoup de matières luxueuses, chez Gucci, peaux, manteaux en cuir ou fourrure, cuissardes en daim. Chez Fendi, de la fourrure, mais version minimaliste. Exit le gros manteau de vison à la Cruella. On y voit plutôt des vestes sans manches, parfois délestées du poids des poils pour un cuir à nu. Quand les activistes antifourrure s’allongèrent dans une action de protestation, au défilé Max Mara, on eut envie de leur glisser que bien des poils avaient été montrés ailleurs, et pas vraiment à cet endroit. Mauvais choix.

Chez Prada, on osait la rencontre entre les matières hivernales et les éléments d’un vestiaire ultraféminin, sans craindre les télescopages. Combien de femmes au final joueront la carte de la chaussette dans l’escarpin ? Le duo Dolce&Gabbana ne s’embarrassait pas de la température en hiver, et dénudait ses mannequins. Une manière, il est vrai, de susciter une attention redoublée en en montrant moins.

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