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Verticalité
La complexité des rapports à soi-même
Claude Lorent
Mis en ligne le 10/03/2010
La configuration très particulière du lieu d’exposition, une sorte de parallélépipède en hauteur, a conduit l’artiste Juan Paparella (1965), argentin d’origine mais vivant en Belgique depuis près de vingt ans, à concevoir une exposition en rapport avec cette verticalité. Et donc à rompre volontairement avec l’horizontalité des accrochages habituels. Ce qui ne va pas sans une réflexion plus globale sur l’ensemble du travail, sa présentation et la manière de le découvrir. Tout est à prendre en compte, les détails, le rapport entre les œuvres et l’ensemble. Et les sens, dès lors, vont se multiplier.
Auteur d’une multitude de dessins, essentiellement en noir et banc, la couleur est rare mais précise, de formats différents, les uns légers, la plupart plus chargés, noircis à la fumée et faisant donc appel au feu, l’artiste y parle de la vie et de son contraste. Cela, à travers des gestes simples semblables au langage des signes lorsque c’est la main qui agit; en référence à ce qui nous constitue biologiquement : le squelette, le cerveau les poumons ; par la présence discrète de fleurs ou d’insectes parfois pris au piège d’un lieu fermé; par le bais de quelques mots, phrases ou lettres mélangées rendant le propos illisible. Chaque dessin est évocateur, suggestif, il donne du sens tout en n’insistant pas. Le tout, épars au mur, peut trouver des agencements mentaux, mais il subsistera toujours une part de mystère. Celui-là même de la vie, sans doute ? Des dessins également aux fortes résonances psychologiques.
Au centre, la pièce principale, un escalier mobile qui impose sa verticalité et appelle à d’autres visions ou à donner le vertige. La vaste scène des dessins vue d’en haut ou à leur hauteur, en face à face, mais à une certaine distance. Cette construction sommaire, tantôt échelle, tantôt instrument de guet ou d’observation, voire dispositif guerrier de conquêtes en autres temps, est bardée de mille significations symboliques dont celle de l’élévation, sur lesquelles chacun pourra s’appuyer pour pénétrer les arcanes d’une œuvre qui ne se livre pas d’un bloc, car elle parle finalement de notre complexité, de notre état et de notre devenir, de nos rapports difficiles avec nous-mêmes, avec le monde et avec la vie. Le recours fréquent au feu, à la fumée, à la lumière, au noir, aux empreintes enrichit les voies symboliques qui se croisent et se multiplient jusqu’à rendre impossible toute lecture qui ne serait finalement pas davantage des questions que des réponses.
Savoir Plus
Juan Paparella. Laissez la porte ouverte s.v.p. Office d’Art Contemporain, 105, rue de Laeken, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 17 avril. Du je au sa de 14 h à 18 h.
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