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Ensemble
"En quelques traits"
Roger Pierre Turine
Mis en ligne le 17/03/2010
Le dessin n’a pas toujours eu bonne presse chez nous et, par bonne presse, entendons-nous bien, n’a pas toujours été apprécié du public, comme il pouvait l’être dans les pays voisins ! Il semblerait que chez nous, on aimât d’abord ce qui semble du costaud : n’est pas adepte de la simplicité et du raffinement qui veut ! Mais voici que ce dessin, cher à ceux qui préfèrent le vrai au paraître, semble reprendre du poil de la bête, ce fameux "dessin", de nos jours décliné de plusieurs façons et même via de nouvelles technologies, comme une expo de la Galerie de Prêt d’œuvres d’art du Château Malou avait pu nous en donner la preuve il y a trois ans, à l’initiative de Françoise Mortier. Et, preuve s’il en est d’un engouement nouveau ou retrouvé, un Salon du dessin devrait accompagner le prochain Art Brussels, le galeriste Pierre Hallet en étant la figure de proue.
L’exposition de l’Iselp vient donc à son heure et l’ensemble a du coffre, devrait servir la cause d’un dessin qui reste un fer de lance de la création plastique, le domaine réservé d’artistes soucieux de dire "En quelques traits" l’essence de leur adhésion au monde. Plusieurs types de dessins s’entrecroisent ici et cela génère une dynamique qui, de surprise en surprise, nous éclaire sur la vivacité d’un registre en lequel la main, le cœur et l’esprit se rejoignent dans une économie de moyens qui n’est pas sans extravagances ni audaces. Toute sélection vaut par ses choix et la plupart des artistes conviés méritaient de l’être. Il y a des absences et celle de Bénédicte Henderick nous surprend. Ne boudons toutefois pas notre plaisir au regard de participations qui sortent du lot : les papiers monumentaux de Charley Case, interrogations sur le temps, la vie, la mort; Petrus De Man, tel qu’en lui-même, fécond, dessinateur né; Philippe Dubit et ses noirs profonds; Benoît Félix, ses papiers découpés, fragiles et volages; Vincent Fortemps, trait dense, histoires vécues; Jean-Luc Moerman, toujours intrigant, cette fois, en se réappropriant "La baigneuse de Valpinçon" d’Ingres; Tinus Vermeersch, plume alerte, fouillée, surprenante; Annabelle Guetatra, toute jeune et déjà riche d’une vie qu’elle retrace à nu, délicate, tragique, espiègle; Félix Hannaert, la rigueur brûlante des lignes; Hello Monsters et leurs bonshommes d’une autre planète; enfin, Michaël Matthys, du noir au sang, du Pays noir au rouge des misères et des drames. Attrayant, "un cabinet" particulier réunit aussi tous les artistes en un heureux salmigondis de traits, couleurs et humeurs.
Savoir Plus
Iselp, 31, boulevard de Waterloo, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 10 avril, du lundi au samedi de 11 à 17h30. Catalogue. Entrée libre. Infos : 02.504.80.70 et www.iselp.be
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