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culture belge
"Pour vendre un produit, il faut une étiquette"
Stéphanie Fontenoy
Mis en ligne le 20/07/2010
Demandez le programme : une semaine de la gastronomie belge à Washington organisée par trois chefs du Plat Pays. Un après-midi de festivités organisée par le restaurant Le Petite Abeille et la Chambre de commerce Belgo-américaine à New York. La fête nationale belge n’a pas été oubliée de l’autre côté de l’Atlantique. Le reste de l’année ne manquera pas non plus de piquants belges : la première le 24 juin du film de Thierry Michel, Katanga Business, dans le cadre du Festival Diaspora africaine à Washington. Jusqu’au 8 août dans la capitale, l’exposition See Something ? Say something ! de Gery De Smet. Pendant que la première rétrospective itinérante aux Etats-Unis de l’artiste Luc Tuymans poursuit sa route: actuellement Dallas, après San Francisco et Columbius, Ohio. Et bien sûr, à la rentrée la grande exposition Jan Gossart au Metropolitan Museum of Art de New York (voir encadré).
Vous avez dit discrète, la culture belge? Certes, mais pas invisible dans le pot-pourri américain. Et ce malgré un handicap de taille : l’absence d’une politique culturelle "nationale", contrairement à l’Hexagone par exemple. Les représentants belges à l’étranger ont dû apprendre à composer : "Le fait que nous n’ayons pas de budget culture au niveau fédéral nous coupe évidemment un peu les ailes, donc nous essayons de faire un maximum avec les régions", admet Herman Portocarero, Consul belge à New York. Même si cela lui demande souvent un délicat travail de synergies, pour coordonner notamment les efforts de la Flanders House, qui défend les couleurs de la Belgique (et de la Flandre en particulier) et ceux de la Société des Amis de la Belgique, une fondation privée qui récolte des fonds pour promouvoir l’image culturelle du pays.
Que savent les Américains de la créativité belge ? "C’est souvent une image d’Epinal : Bière, Tintin, Chocolat", regrette M. Portocarero. Les tensions politiques internes à notre pays ne font rien pour arranger notre blason. "Pour améliorer l’image de la Belgique il faudrait d’abord nous mettre d’accord entre nous sur ce que nous voulons projeter à l’étranger. Pour vendre un produit, il faut une étiquette", poursuit le diplomate.
A New York, la difficulté est encore accrue par le foisonnement de l’offre culturelle. "Apporter de la culture à New York, c’est comme apporter de la culture à la mer." La solution trouvée par le Consul : privilégier les projets de très haute qualité, en partenariat avec des grandes institutions établies, seule garantie de pouvoir "sortir du lot". C’est le cas par exemple d’Anne Teresa De Keersmaeker qui se produit régulièrement à la Brooklyn Acadamy of Music (BAM) ou de grands jazzmen belges, comme Toots Thielemans, au prestigieux Lincoln Center.
Le galeriste et marchand d’art bruxellois Patrick Derom suit la même logique dans son approche du marché américain et international. "Les artistes belges qui s’exportent sont des grandes personnalités pour lesquelles il y a un intérêt muséal important, non seulement pour leur valeur esthétique mais aussi historique", souligne-t-il. Les Impressionnistes belges par exemple auront peu de chance par rapport aux Français, contrairement aux Symbolistes et aux Surréalistes belges, qui étaient des précurseurs. "George Minne par exemple, chez les Symbolistes, dont j’ai vendu un tableau au musée Getty de Los Angeles, est un des artistes belges les plus représentés au monde dans les musées." Dernière vente en date de la galerie Derom : "La Méduse" de Jean Delville acquise cette année par l’Art Institute de Chicago. Chez les Surréalistes, Magritte reste par ailleurs une icône incontestée.
Il y a enfin quelques artistes de chez nous qui ont fait carrière aux Etats-Unis. C’est le cas de Marc Lambrechts, arrivé en 1983 à New York, et qui n’est jamais reparti. Il exposera sa série de "constructions", des œuvres "organiques" faites de bois récupéré et leurs impressions, à partir du 9 septembre à la galerie Nomad de Bruxelles. La boucle est bouclée.
Nomad Gallery, Centre Dansaert, rue d’Alost 7, 1000 Bruxelles. www.moba.be
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