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Exposition
Une Jeune Peinture Belge sage et ré fléchie
Claude Lorent
Mis en ligne le 26/06/2009
Manifestation attendue car en principe révélatrice de la jeune création artistique contemporaine, l’exposition des lauréats des Prix de la Jeune Peinture belge est en cette édition 2009 d’une sagesse réfléchie et presque classique qui s’exprime tant dans le fonds des œuvres que dans le soin très professionnel apporté à leur réalisation et à leur présentation. On est loin du foutoir expérimental et de la nouveauté considérée pour elle-même, le spectaculaire n’est pas à la une mais le champ des investigations est ouvert dans un présent qui tient compte autant des réalités actuelles que du passé. Les sept artistes sélectionnés livrent tous une œuvre que l’on sent murement préparée en des créneaux divers mais non sans point de jonction. Ainsi on perçoit que les artistes interviennent dans les enjeux actuels, qu’ils soient artistiques, sociaux, sociétaux, architecturaux ou environnementaux et urbains. Le cadre de vie prend une importance particulière. Le quotidien, l’ici et maintenant, les intéresse autant que le futur examiné à la lueur du passé. La part expérimentale des projets développés ne vise pas les apparences, elle se concentre dans le contenu sans nécessairement se révéler immédiatement mais elle nourrit les productions de l’intérieur. Quant à la qualité esthétique elle est désormais remise en valeur. Par contre l’absence de peinture est surprenante au vu de sa qualité et de son développement actuels chez les jeunes plasticiens.
Parmi les facteurs qui interviennent, le temps est l’une des notions prépondérantes, intégré de multiples façons en insistant sur le caractère éphémère, sur la fragilité, sur le passage, sur les archives, sur la durée, sur la préservation, voire même sur la déambulation par une invitation à se rendre en ville pour découvrir une œuvre. On remarquera encore que des modes d’expression dérivés des années 70, comme le documentaire ou l’op’art, refont surface, reconsidérés par les connaissances actuelles. Aucune démarche ou recherche n’est jamais totalement finie, Enfin, l’absence de différenciation des catégories est manifeste et abolit les frontières à travers l’intervention du documentaire, l’insertion d’une part scientifique et technologique, et la participation d’une œuvre relevant de l’art outsider.
Si les prix attribués reflètent l’avis du jury, ils n’établissent pas nécessairement une hiérarchie entre les projets proposés car ceux de Robert Kot ou de Els Vermang/Lab] au], sont, en d’autres directions, d’une qualité à remarquer ! Les photos du premier jouent le plus finement possible avec l’apparence du réel et le sens de la couleur qui y est développé est particulièrement subtil. Quant aux œuvres des seconds, l’intérêt réside dans les connexions établies entre un langage plastique et optique, un apport scientifique et une gestion efficace de la technologie. Si le travail de Caroline Pelke doit encore trouver des articulations et un vocabulaire plus forts, elle se distingue dans son rapport intérieur/extérieur. En ravivant la mémoire d’un site minier, Lara Mennes (prix Crowet) interroge autant le passé que le présent et porte l’accent sur l’humain. Par ses vidéos, Nico Dockx (prix Langui) poétise librement les richesses oubliées des archives de l’institution où il expose alors que Léon Vranken (prix du Palais des Beaux-Arts) perturbe son architecture et questionne le langage des formes avec beaucoup d’à propos. Quant aux dessins de Jeroen Hollander (prix ING), obsessionnels, concentriques, développant un sens du mouvement chromatique, ils traduisent également des enjeux urbanistiques.
Savoir Plus
Prix de la Jeune Peinture Belge, Palais des Beaux-Arts, rue Ravenstein, 23, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 13 septembre.
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