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Rétrospective

Un parcours vers l’infini

Roger Pierre Turine

Mis en ligne le 04/02/2010

Après Le Cateau-Cambrésis et Ostende, place nette à Georges Vantongerloo au Reine Sofia, à Madrid.

Nous vous avions dit tout le bien que nous pensions de la rétrospective Vantongerloo présentée d’abord, il y a deux ans, au Musée Matisse du Cateau-Cambrésis dans une scénographie très réussie, puis au Musée d’Ostende.

Or, voici que le même Georges Vantongerloo (Anvers 1886 - Paris 1965) bénéficie d’une troisième mise en exergue, cette fois à Madrid et dans une présentation entièrement revue, davantage condensée, et magnifique. Davantage aérienne et transparente, car ici l’on n’a retenu que deux périodes fondamentales d’un parcours riche en évolutions : l’époque où l’artiste anversois œuvrait de mèche avec les partenaires de Stijl, Mondrian et Van Doesburg notamment et celle, la dernière où, libéré de toute contrainte, il s’inscrit lumineusement dans l’espace.

Infiniment réussie, la scénographie madrilène confère à cette œuvre épurée une aura envoutante, rare, judicieuse. Et, il faut le dire, comme ailleurs, l’exposition bénéficie d’un prêt important sinon capital accordé par les enfants de Max Bill, l’ami et complice de Vantongerloo. On le remarque ici aussi, les musées belges sont extrêmement pauvres en travaux de cet artiste pionnier et remarquable, preuve une fois de plus que nos responsables institutionnels ont trop rarement le nez fin, l’œil avisé !

Car Vantongerloo fut, déjà en matière d’abstraction géométrique, un avant-gardiste éclairé qui, dès 1920, quitta définitivement la Belgique pour s’inscrire, aux Pays-Bas puis en France, dans des préoccupations plastiques en marge des courants davantage prisés chez nous.

Si ses premiers travaux - non retenus à Madrid - témoignent d’une adhésion aux quêtes fauves d’un Rik Wouters, le fil en sera vite rompu, Vantongerloo adhérant, dès 1917, au groupe De Stijl. A l’époque, il recourut aux modules orthogonaux, puis entreprit des recherches sur la couleur et sur la composition, consignées, en 1924, dans son étude "L’art et son avenir". La présentation madrilène joue sa partition sur une mise en espace plus attrayante que didactique. Elle enjambe les périodes pour affirmer l’essentiel et joue sur la dynamique des espaces colorés surgis de l’œuvre elle-même, peintures, dessins, pièces libres en trois dimensions. Un régal ! Après s’être attaché aux règles de la géométrie construite, Vantongerloo a, à partir de 1938, privilégié la courbe et après 1950 le recours aux matériaux transparents.

Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia, Santa Isabel, 52, 28012 Madrid. Jusqu’au 22 février, du lundi au samedi de 10 à 21h, dimanche de 10 à 14h30. Fermé le jeudi. Infos : 91.774.10.00 et www.museoreinasofia.es

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