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culture belge

Jan Gossart, l’événement de la rentrée au Met

Stéphanie Fontenoy

Mis en ligne le 20/07/2010

Entretien avec la curatrice de l’exposition du peintre flamand au Metropolitan Museum of Art.

Après le succès de la rétrospective James Ensor au Moma l’été dernier, c’est au tour du Metropolitan Museum of Art d’introduire en grandes pompes un artiste belge au public américain. Cet automne, la célèbre institution new-yorkaise présentera "Man, Myth and Sensual Pleasures : Jan Gossart Renaissance", une exposition solo inédite du peintre flamand. "Nous avons au MET la plus importante collection américaine de peintures de la fin du XVe siècle et du début du XVIe siècle de cette région", souligne Maryan Ainsworth, la curatrice. "Nous avons eu en 1998 une exposition, "De Jan Van Eyck à Brugel", qui fut une grande réussite. Suite à cela, j’ai cherché à concevoir une exposition autour d’un artiste qui a eu un impact majeur sur l’histoire de l’art de l’époque".

Jan Gossart (1478-1532), parfois appelé Mabuse, qui a introduit l’art de la Renaissance dans le nord, s’est imposé.

Quarante-cinq ans après la dernière rétrospective du peintre à Rotterdam et à Bruges en 1965, l’exposition du Met est une première sur le sol américain et le fruit d’un travail de quatre années. L’ensemble sera de grande ampleur : environ 60 tableaux, sur un total de 65 répertoriés à ce jour, 35 dessins et 7 reproductions ont été rassemblés pour l’occasion. Parmi les œuvres principales, le triptyque Malvagn, un prêt rare de la Galleria Regionale della Sicilia, à Palerme, Italie, le Saint Luc peignant la Vierge du musée Kunsthistorishes de Vienne, le diptyque signé "Jean Carondelet" du musée du Louvre, ainsi que d’autres chefs d’œuvres en provenance du Prado, de la National Gallery de Londres ou de Washington.

Comme ce fut le cas pour James Ensor, une rétrospective de cette importance (dont une version réduite sera ensuite présentée à la National Gallery de Londres) est une belle opportunité de faire sortir une œuvre des livres d’art pour la présenter au grand public. Malgré la présence de nombreuses de ses œuvres dans les collections outre-Atlantique, "Mabuse" est mal connu des Américains. L’objectif de l’exposition du Met sera de montrer le rôle de ce "romaniste" précurseur, profondément influencé par les sculptures et l’architecture de l’Antiquité lors de son voyage à Rome (1508-1509). "Pour moi, Gossart est un artiste pivot qui sert de charnière entre l’influence traditionnelle de Jan Van Eyck et propulse l’art vers de nouveaux territoires esthétiques qui ont ouvert le chemin à l’ère de Pierre-Paul Rubens", explique Maryan Ainsworth. Grâce à l’important travail d’analyse technique des oeuvres (réflectographie multispectrale, rayons X, analyse de pigments) réalisé par la curatrice, l’exposition du Met promet également quelques surprises. Rendez-vous en octobre !

"Man, Myth and Sensual Pleasures : Jan Gossart Renaissance", du 6 octobre 2010 au 10 janvier 2011, du 23 février 2011 au 30 mai 2011 (version réduite)

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