Arts et Expos

Après Athènes, la Documenta s’est ouverte ce samedi à Kassel. C’est le grand événement de l’art contemporain qui n’a lieu que tous les cinq ans. 160 artistes sur 31 sites dans la ville, loin de toutes modes et venus des quatre coins du monde, expriment les inquiétudes et incertitudes du monde.

Ce week-end, avec son temps doux et ensoleillé, était idéal pour découvrir cette 14e édition de la Documenta à Kassel, la ville où ce grand événement fut créé en 1955 par Alfred Bode pour présenter l’art contemporain à des Allemands qui en avaient été si longtemps privés par la nazisme. La Documenta a depuis, l’ambition de montrer l’art d’aujourd’hui et d'en fixer les lignes pour les prochaines années. Le commissaire de cette édition, Adam Syzmcyk, avec toute une équipe de commissaires, a sillonné le monde pendant plusieurs années pour la préparer.

A Kassel, on est loin des événements mondains de la Biennale de Venise ou d’Art Basel. La Documenta semble même faire une vertu éviter les noms connus, les stars du marché et le mean stream. Elle se veut sérieuse, copieuse, et il faut bien deux jours pleins pour la visiter. On le fait à pied, dans une ville calme à taille humaine. Les visiteurs les plus acharnés ont déjà visité le volet d’Athènes de la Documenta puisque, cette année, grande nouveauté, la manifestation s’est divisée en deux, s’ouvrant dès avril à Athènes en signe de solidarité avec la Grèce et avec les migrants venus de la mer. On retrouve les mêmes artistes à Athènes et à Kassel.

Kassel fut rasée par l’aviation anglaise en 1943, 400000 bombes furent lâchées en deux heures, tuant 10000 personnes. Ville entièrement reconstruite, elle fut aussi longtemps située à la frontière avec l’Allemagne de l’Est.

Avec les artistes invités, on plonge dans les incertitudes et les inquiétudes du monde actuel. Adam Syzmcyk a cette phrase: « La grande leçon est qu'il n’y a pas de leçon ».

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