Arts et Expos

Cela bouge un peu. L’architecture contemporaine de qualité semble faire moins peur aux décideurs même si le mouvement reste trop lent à Bruxelles et en Wallonie, et semble même ralentir ces derniers mois.

Pourtant, une bonne architecture contemporaine peut être un formidable outil pour améliorer l’espace public et le rapport entre la population et les services publics. Un bel exemple se présente avec l’ouverture début février du nouveau bâtiment des guichets communaux à Molenbeek.

Il est situé juste à côté de la maison communale et de la place communale, devenue hélas mondialement célèbre depuis les reportages télé dans la foulée des attentats de Paris et Bruxelles.

Ce jeudi, sous un soleil printanier, et avec le grand marché, l’ambiance est sympathique et le nouveau bâtiment apparaît tout vitré, lumineux, ouvert, sans plus de séparation entre le public et les employés communaux. Une convivialité bienvenue et décidée bien avant les attentats. Serait-elle encore possible aujourd’hui ?

La commune atteint les 100000 habitants et la maison communale n’avait plus l’espace pour accueillir les nombreuses demandes. On décida alors de construire un nouveau bâtiment, tout proche, dans le cadre d’un contrat de quartier.

Pierre Blondel

Après concours, le choix s’est porté sur l’architecte bruxellois Pierre Blondel. Celui-ci a opté pour un bâtiment bas de deux étages, à la façade infléchie pour rappeler le méandre de la petite Senne qui passe sous la voirie. Le bâtiment est, de plus, inscrit sur un train doucement en pente. Sur sa façade largement vitrée on lit en lettres géantes rouges : Molenbeek.

Les nombreux guichets communaux sont disposés sur deux étages qui ne sont pas reliés par des ascenseurs risquant d’être bondés ou de donner une impression d’enfermement. Pierre Blondel relie les deux étages de guichets par une rampe douce le long de la façade vitrée. Au rez-de-chaussée, les services de la population et, à l’étage, les services des étrangers et de l’état-civil.

Pour désengorger les espaces intérieurs, un affichage extérieur donnera l’état d’avancement des files possibles afin de pouvoir circuler sur la place communale tout en attendant son tour.

A l’intérieur, le mobilier est en bambou aux couleurs chaudes. Le travail ergonomique a été essentiel. Les guichets sont sans vitrage séparant l’employé communal du demandeur, favorisant ainsi le contact et diminuant les craintes éventuelles des demandeurs. Des séparations vitrées latérales protègent l’intimité. Les employés sont légèrement surélevés par rapport aux demandeurs. Sauf dans la partie état-civil où le guichet se fait large et bas, avec une atmosphère presque intime pour y annoncer naissances, mariages et décès.

Pierre Blondel a pu trouver, en plus, le budget et la place pour ajouter au bâtiment communal, sept nouveaux logements sociaux.

Ce bâtiment démontre à nouveau qu’on peut apporter de la beauté et de la convivialité au service communal grâce à l’architecture et, de plus, ici, redorer un peu l’image de Molenbeek.