Arts et Expos

La mode est aux installations géantes. La Tate Modern à Londres, avait inauguré cette vague en offrant aux artistes sa gigantesque Turbine Hall. De Louise Bourgeois au soleil d’Olafur Eliasson et aux grains de tournesol d’Aï Weiwei, cela a suscité des œuvres mémorables. Les grands artistes adorent se confronter ainsi à des défis nouveaux.

Paris a suivi en créant en 2007, "Monumenta". Chaque année (dorénavant tous les deux ans), un artiste est invité à occuper durant six semaines l’espace énorme de la nef du Grand Palais : 13 500 m2 et 35 m de hauteur).

Anselm Kiefer avait commencé avec sa "Chute d’étoiles". Richard Serra fut splendide dans le dépouillement. Anish Kapoor connut un énorme succès public avec Léviathan, utérus rouge envahissant toute la "serre". Il y eut aussi Buren, les Kabakov, Boltanski.

Cette année, c’est l’artiste chinois, devenu français, Huang Yong Ping qui relevait le défi. L’homme est un habitué des installations XXL comme le montre son grand serpent sortant de la mer près de Saint-Nazaire.

Symbole de la mondialisation

Quand on entre dans le Grand Palais, on se heurte d’abord à un mur immense de containers empilés, sur sept étages. Une colline, une falaise vertigineuse qui bouche la vue sur les verrières. Ces 309 vrais containers ont toutes les couleurs et l’artiste a veillé à la "composition" chromatique du mur comme un tableau pixelisé où chaque point serait un container.

Huang Yong Ping explique qu’après avoir fui la Chine à cause de Tienanmen, il fut bouleversé en retrouvant bien plus tard le port de Xiamen et une Chine devenue "l’atelier du monde". Son paysage de containers est le monument de cette transformation et de la mondialisation.

La Chine des collines nimbées de brouillard est devenue une Chine du commerce où les collines de containers sont nimbées de pollution.

Un gigantesque serpent

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