Alechinsky, un "poète enfant"

Guy Duplat Publié le - Mis à jour le

Arts visuels

La littérature et l’art peuvent faire bon ménage. Alechinsky n’a jamais fait la différence, note Hélène Cixous, dans le texte poétique qu’elle publie chez Galilée sur l’artiste. "Alechinsky, dit-elle, est un poète enfant. Il tire la langue. On ne dira jamais assez à quel point Pierre est poète, à quel point ses œuvres font corps double avec des faits de langage. Dessiner-peindre-signer-parler à coups d’images. Tout est langue, tout parle, toutes les choses ont des bouches et des dents. " Son texte est ponctué de dessins du peintre et de ses textes délicieusement déjantés. La racine est une des voies d’entrée choisie, mais il y a aussi le fait d’être gaucher. Hélène Cixous a de belles phrases à la gloire du gaucher : "Le dextre est maladroit. Monomane, phallocrate et manchot. Le gaucher sait l’autre. La main gauche est l’étrangère dans la maison. L’audace effrayante et glorieuse du rêve. Le rêve est le gaucher intérieur. Non, être ‘gaucher’ n’est pas rien. C’est le visa pour entrer à l’Envers." Hélène Cixous évoque le Japon et le tableau fulgurant qu’est "Central Park" quand Alechinsky "invente" d’entourer son tableau de "remarques marginales". Elle écrit de ce tableau : "Une explosion spontanée à laquelle s’ajoute le contour qui tente d’agripper l’ange en essor par les franges de sa robe." Magnifique.

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