Arts et Expos

Le nouveau Centre Keramis de La Louvière propose une large rétrospective d’Antoine de Vinck.

Le beau centre Keramis à La Louvière rend un large hommage au céramiste, sculpteur et « potier » belge Antoine de Vinck (1924-1992) à travers une exposition rétrospective de toute son œuvre et la publication d’une monographie. Antoine de Vinck est une personnalité essentielle des années 60 à 80 pour la céramique belge. C’est une œuvre certes ancrée dans son époque, mais qui peut surprendre encore aujourd’hui par sa variété.

Antoine de Vinck voulait d’abord devenir missionnaire en Afrique et suivit des cours de théologie au Scolasticat des Pères blancs à Heverlee. Mais il bifurqua à partir de 1948 vers l’art et la poterie après avoir découvert le «Livre du potier » de l’Anglais Bernard Leach. Son année à la Cambre auprès de Pierre Caille et d’Oscar Jespers pour la sculpture, fut capitale dans son parcours.

Une large partie de son travail de céramiste concerne d’ailleurs la sculpture en céramique. Inspirée souvent de l’art africain qu’il admirait au musée de Tervuren, des formes stylisées d’un Brancusi ou de la force d’Henry Moore et d’Oscar Jespers.

On le voit dans sa série sur les animaux où il cherche à saisir l’essence de l‘animal, la forme simple qui ramène à l’essentiel. Ses références sont alors l’Asie : « Pour atteindre un choc visuel, disait-il, il faut une discipline comme le zen qui aspire à l’illumination du satori et à l’apparition inexpliquée, irrationnelle et non anatomique de la figure animale essentielle ».

Jouets de bois

Il réalisé aussi, jouant sur les teintes des céramiques, des figures humaines et des Atlantes, rappelant les statuettes africaine et les idoles des Cyclades, par leur extrême stylisation. Il donne aussi une version en céramique de masques antiques ou du couple « Le roi et la reine » d’Henry Moore.

Il y a chez lui une recherche de la spiritualité qui peut se dégager d’un objet comme il le montre avec ses « totems », « bétyles » (des pierres sacrées) et sculptures murales avec plan cabalistique de temple chinois.

Il était un artiste-artisan dans son atelier de Kraainem travaillant au tour, cuisant dans un four à bois, émaillant à partir de cendres, réinventant le grès de Puisaye et du Berry. Il fut une figure importante pour une génération de céramistes comme Pierre Culot ou Max Van der Linden ou de sculpteurs comme Jean-Paul Emonds-Alt avec qui il réalisa une oeuvre monumentale à l’expo 58 dans la pavillon Congo Mines.

Antoine de Vinck fut aussi un designer et produisit nombre de tasses, vases, récipients, vaisselle qui gardent cette beauté simple et humaine du matériau qu’on dirait aujourd’hui écologique, loin de la dimension industrielle.

Il créa aussi avec son épouse des bijoux et bricola même des jouets en bois.

L’exposition se déploie à l’étage, continue par un « mur de design » et se termine au rez-de-chaussée par une évocation de son atelier et des céramistes qui lui furent liés et ont poursuivi son travail.

« Antoine de Vinck, l’esprit des formes », Centre Keramis, La Louvière, jusqu’au 30 octobre