Art’Contest, clap septième

Roger Pierre Turine Publié le - Mis à jour le

Arts et Expos

Nous ne dirons pas, oh! que non, que le cru 2011 a de quoi révolutionner votre entendement et le nôtre ! Petit cru avec de bons lauréats, cette édition démontre néanmoins combien les habitudes plasticiennes ont changé de cap, la peinture et la sculpture désertant (dommage !) les cimaises et l’espace au profit quasi exclusif des installations, de la vidéo et de la photographie.

Intruse, une dessinatrice, Léa Mayer, y joue pourtant les francs-tireurs avec des dessins un peu cousus de fil blanc, son projet de faire parler le lien qui unit les gens aux images n’étant pas sans intérêt. Décernés par un jury composé de Carine Bienfait, Catherine Mayeur, Claude Lorent, Albert Baronian, Dirk Snauwaert et Liliane De Wachter, les trois Prix sont allés, sans coup férir, à ceux qui nous avaient paru offrir à la curiosité générale des témoignages encourageants de leur souci d’associer une forme adéquate à un fond très personnel. Enlevant la palme suprême et les 6000 euros offerts par la Fondation Henri Servais, complétés par une expo personnelle, en 2012, au Musée d’Ixelles, ainsi qu’un séjour à Londres pour visiter la Freeze, Pieter Geenen, né en 1979 à Hasselt, a convaincu les spécialistes par deux vidéos et son - "Relocation" et "Pulsation" - tout en nuances, en mystère, en progression lente et soutenue autour d’histoires vécues dont on pressent la dureté, l’implacabilité, le temps qui passe et inquiète : ses bruits, ses nuits, ses lumières vacillantes. De la belle ouvrage à regarder avec patience.

Le deuxième Prix, un chèque de 4000 euros et un bon d’achat de 500 euros chez Filigranes, est échu à Hamza Halloubi, né à Tanger en 1982 : "Il est trop tard pour moi", une vidéo, et "Rose sans nom-Nom sans rose", un banc scolaire gravé au néon, sont deux travaux qui se complètent. A la fois minimalistes et poétiques, ils tournent tous deux autour d’un banc d’école et de ce que l’école éveille encore en nous, de regrets, de rêves, de contraintes et d’absurdité, des années plus tard. Prévert aurait apprécié !

Troisième, lui aussi d’Hasselt, né en 1980, Antoine Vanoverschelde emporte un prix de 1500 euros et un chèque de 700 euros à utiliser chez Cadr’Art. Il s’attaque, avec cinq photographies couleur, à quelques situations de la vie réelle au travers d’objets soudain mis sous les feux de la rampe : un chevalet d’atelier, ses matières, ses pigments qui soulèvent des montagnes; un moteur qui pend au bout d’une chaîne; un tapis délaissé aux couleurs qui s’harmonisent avec les feuilles mortes alentour; des outils de travail Ces objets en appellent à nos imaginaires.

Les dix têtes d’affiche de l’Art’Contest 2011 sont les rescapés d’une première sélection, faite sur dossiers (une centaine), et évaluée par le même jury. Menée à bout de bras, sinon tambour battant, par Valérie Boucher, ce concours, désormais doté de prix plus qu’attrayants, devrait, demain, éveiller l’intérêt de tous les jeunes qui en veulent. La liste impressionnante des sponsors de la manifestation est une autre garantie de n’y pas passer inaperçu, qu’on y soit lauréat ou pas.

Roger Pierre Turine

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