Arts et Expos

Le Palais des Beaux-Arts, à Bruxelles, salue un Bury de pied en cap. Soixante ans de travaux qui alternent surréalisme, géométrie, cinétisme, mouvement.

Pol Bury (1922-2005) fut un habitué des salles d’exposition conçues par Horta pour le temple des beaux-arts bruxellois. Il y exposa souvent, en solo ou en groupe, fut, à sa façon, un élément moteur de la dynamique du Palais sous Giron d’abord, sous Geirlandt ensuite.

Venue dix ans après sa mort, cette rétrospective est mieux qu’un hommage toujours aléatoire. Elle donne à voir le parcours total d’un homme qui n’aura jamais craint de s’ériger au-dessus des mêlées. En franc-tireur certes, mais aussi en audacieux que rien ne rebutait tant que l’inertie.

C’est même si vrai qu’à un moment donné, ses sculptures/structures en bois, en acier inoxydable, se sont mises à bouger, à cligner de l’œil au passant, imperceptiblement, mais à bouger corps et âme, l’esprit, chez lui, n’étant jamais loin d’un goût avivé pour l’humour persifleur.

Car il y a de l’humour dans la création de Pol Bury, l’art salvateur de la contrepèterie, du verbe fin ou de la pirouette tranchante, s’arrogeant des droits que le bon goût, parfois, aurait réprouvé si Bury ne s’était assis dessus façon de rire, pas fou, entre deux fous rires.

Surréaliste façon Magritte

Né à Haine-Saint-Pierre, à deux pas de La Louvière, dont il deviendra un chantre rebelle, y fomentant une révolution aux accents de Montbliard et Daily Bul avec son copain André Balthazar, aval d’Achille Chavée en bandoulière, il était juste et salutaire qu’il entrât non pas en religion mais en art, les deux pouvant se rejoindre pourvu qu’il n’y fût point question de dogmes, sous la férule d’un surréalisme qui, d’écrits en peintures, y régnait en pôle conquérant.