Arts et Expos

Scènes. La nouvelle création du chorégraphe brésilien déçoit. Elle se traîne et ne nous émeut pas. La critique de Guy Duplat.

Le chorégraphe brésilien, longtemps installé à Amsterdam, Marcelo Evelin, est un habitué du Kunstenfestivaldesarts. Dans « Matadouro » (2012), il montrait une transe harassante de danseurs tournant en rond jusqu’à l’épuisement. En 2013, il invitait les spectateurs à se mêler aux danseurs sur un ring.

Cette année « Dança Doente » crée un pont curieux entre le Japon et le Brésil. Marcelo Evelin a mené des recherches au nord-est du Japon sur un maître oublié de la danse butô (ou butoh) d’introspection. Et il y a vu des liens a priori impossibles, entre cet art proche de le performance et celui de son pays d’origine au Nordeste brésilien. La même manière d’envisager par la danse et la transe, la mort à venir, la souffrance. C’est du moins, ce qu’on croit comprendre d’un spectacle qui laisse les spectateurs en rade. Il n’y a pas d’émotion qui s’en dégage.

La dizaine de danseurs semblent tous isolés l’un de l’autre, avec leurs mouvements lents, répétés à l’infini, de personnes souffrantes et dans leur bulle. De cela surgit, une danse butô, l’opposition entre les corps défaits derrière un rideau à moitié abaissé et un corps immobile, une Brésilienne qui défile en manteau rouge, des réminiscences du candomblé, le vaudou brésilien, avec un danseur en costume de paille, un combat très sexuel de deux hommes en miroir (Caïn et Abel ?).

La musique hypnotique n’aide guère à dépasser l’impression de lenteurs et de répétions. Malgré quelques rares belles images, un spectacle quasi égotiste qui échoue à nous atteindre.


Marcelo Evelin, Kaaitheater, encore jusqu’à lundi. www.kfda.be