Arts et Expos

Pour quelques mois, Bruxelles a son musée d’art contemporain et il est magnifique. « Le musée absent, préfiguration d’un musée d’art contemporain pour la capitale de l’Europe », la méga-exposition au Wiels, tient toutes ses promesses. Par son ampleur, sa qualité et les questions qu’elle soulève.

On pourrait commencer par une boutade : ne cherchez plus le musée d’art contemporain à Bruxelles, ne courrez pas voir la Documenta à Kassel : vous pouvez trouver tout cela jusqu’au 13 août à la méga-exposition du Wiels à Bruxelles. Conçue pour le dixième anniversaire du centre d’art et sous-titrée « Préfiguration d’un musée d’art contemporain pour la capitale de l’Europe », elle est un véritable événement à na pas manquer.

Par son ampleur tout d’abord : elle s’étend sur tous les étages du Wiels jusqu’à sa terrasse panoramique et colonise les deux bâtiments proches (Brass et Métropole). Elle comprend plus de 300 oeuvres de 47 artistes. Elle a des résonances avec le Kunstenfestivaldesarts, créant ainsi un événement interdisciplinaire unique avec des croisements entre arts plastiques et arts de la scène. Elle se retrouve sous forme de fresques en ville, de performances et d’un catalogue (Fonds Mercator) d’une grande richesse de réflexion.

Par sa qualité aussi, c’est en événement car on n’a rarement l’occasion de voir ces artistes à Bruxelles.

Enfin, cette expo marquera par les questions qu’elle pose.

Dirk Snauwaert, l’initiateur du projet y a travaillé avec toute une équipe de curateurs pendant plusieurs années. Son point de départ est la constatation que les musées sont trop « aseptisés », trop absents des grands débats sociétaux en n’évoquant pas l’Histoire et les frictions historiques.

On ne voit pas dans nos musées le regard des artistes sur l’occupation nazie, le colonialisme, la question linguistique ou féministe, etc. qui continuent pourtant à travailler la société belge et européenne.

Il y a pourtant un lien à faire entre ces « absences » de l’Histoire et les paradoxes actuels de la mondialité (les nationalismes, les migrations).

Au centre de l’Europe, un tel musée doit intégrer les artistes travaillant autour de la Belgique car Bruxelles n’est pas que la capitale belge, elle est la capitale de l’Europe et 60 % de sa population n’est pas autochtone.


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