Aux cimaises du futur Hard Rock Cafe

Par Marie-Anne Georges Publié le - Mis à jour le

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L’adresse officielle est répertoriée Grand-Place, n°12. L’immeuble, classé, date du XVI e siècle. D’ici quelques semaines, un Hard Rock Cafe va y ouvrir ses portes. Pour l’instant, les pièces du bâtiment sont sens dessus dessous. Etant donné la venue de Giovanni Taliaferro, décorateur attitré de la célèbre chaîne mondiale, chargé du déploiement des objets de collection dans tous les établissements - 175 répartis dans 53 pays -, le lieu a exceptionnellement ouvert ses portes à la presse.

Casque de chantier sur la tête, on grimpe l’escalier en colimaçon que l’on devine magnifique sous ses cartons de protection. A l’étage, si quelques cadres sont déjà accrochés aux murs, d’autres patientent encore par terre dans du papier bulle. Sur chacun d’eux, une étiquette identifie précisément l’objet. Ainsi : "Vest with maroonrose. Will.i.am. Black Eye Peas", flanqué d’un code barre. Voilà donc le gilet avec une rose bordeaux du célèbre membre fondateur du groupe américain figé dans une vitrine-cadre. Sur un des murs, Noel Gallagher côtoie Marilyn Manson, Bono et Madonna. Pas sûr que les principaux intéressés seraient chacun ravis de leur voisin

En face, c’est une guitare dédicacée qui attire le regard. Il s’agit de l’instrument de Brad Nowell, présenté comme membre du groupe de ska punk Sublime, qui officia au début des années 90. Pas l’objet le plus palpitant. Ailleurs prendra place une basse Alembic, plus intéressante, elle, car il s’agit de celle fabriquée sur mesure pour le Britannique John Entwistle (1944-2002) des Who. Un peu plus loin, sur l’appui de fenêtre, posé de guingois, un autre cadre renferme les paroles de "Starkville City Jail", écrites de la main même du chanteur de country américain Johnny Cash (1932-2003). En attente d’une place définitive, d’autres manuscrits attirent le regard. L’on s’attarde à lire cette lettre envoyée par John Lennon au président de Capitol Records de l’époque, Bhaskar Menon. Il lui demande d’apposer le label sur l’album de Yoko pour le promouvoir et en profite pour rappeler que la reformation des Beatles est une rumeur infondée. Un étage plus haut, les cadres sont déjà aux cimaises. Pour la plupart des dessins de John Lennon ou de Stuart Sutcliffe, premier bassiste des Beatles.

Une centaine d’objets de légende du rock - puisés parmi des dizaines de milliers - se soumettront ainsi aux yeux des curieux. Quelques-uns ont été achetés, d’autres offerts gracieusement - en échange d’un versement à une œuvre de bienfaisance - par certains musiciens avec lesquels le Hard Rock Cafe entretient des relations privilégiées, d’autres encore proviennent de collections privées, raconte Giovanni Taliaferro. Tous sont, évidemment, authentifiés, insiste-t-il.

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