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Pour Alain Zivie, qui dirige des fouilles françaises à Saqqara, près du Caire, l’apport de ces analyses d’ADN s’avère "très important", même s’il faut faire preuve d’une "grande humilité avant d’avoir toutes les réponses" sur une période aussi éloignée de l’antiquité. Michel Wuttmann, de l’Institut français d’archéologie orientale au Caire, souligne que "cela fait avancer l’histoire, mais ce n’est qu’une partie de l’histoire". Les tests ADN en disent en effet peu sur le règne du jeune roi, monté sur le trône vers l’âge de neuf ans avant de mourir une dizaine d’années plus tard. Ce bref règne fut marqué par le retour en force des tenants du culte d’Amon et des divinités traditionnelles, écartés par Akhenaton, pharaon "hérétique" adepte d’une forme primitive de monothéisme, le culte d’Aton. Les études d’ADN permettent d’écarter l’hypothèse que, dans un contexte politico-religieux aussi troublé, Toutankhamon ait été assassiné. Les analyses attribuent la mort à un paludisme sévère, aggravé par des problèmes osseux. La génétique montre également le pharaon, connu du grand public pour son somptueux masque mortuaire de 11 kilos d’or, comme un individu "à la constitution physique fragile", selon M. Hawass. L’enfant pharaon boitait d’un pied en raison d’une nécrose osseuse, et son squelette porte la trace d’une fracture dans le haut de la jambe. De ses amours on ne sait pas grand-chose, mais des analyses ADN préliminaires confirment qu’il est le père, probablement avec son épouse Ankhsenpaamon, de deux fœtus embaumés retrouvés dans sa sépulture. (AFP)