Arts et Expos

Après vingt ans de débat, l’université de Louvain-la-Neuve aura son grand musée, digne de ses grandes collections. Il s’installera bien fin 2016 dans le magnifique bâtiment de l’ancienne bibliothèque des sciences créée par l’architecte André Jacqmain en 1973. Une architecture brutaliste, une sculpture de béton.

Ce futur musée a reçu son nom : "Musée L", "L" comme "Louvain", "L" aussi, s’enthousiasme Anne Querinjean, la directrice, comme l’équerre ou comme les "ailes" qui s’ouvrent. Un logo a été dessiné, très réussi comme une œuvre d’art cinétique de Walter Leblanc. La "base line" résumant le musée sera : "Inventer, dialoguer, tout un art".

Mercredi, toutes les autorités de l’université ont présenté le projet final. Les travaux vont commencer. Le financement est quasiment bouclé grâce surtout à des sponsors et mécènes privés : 7,3 millions pour la rénovation du bâtiment, 2 millions pour la scénographie (confiée aux Néerlandais Kinkom, après concours) et 1 million pour les réaménagements des abords du musée.

Le public

Le Musée L sera de loin le plus grand musée universitaire en Belgique, avec 5 530 mètres carrés dont 2 380 d’expositions permanentes et temporaires.

Il le fallait car au fil des ans, l’ancien musée était devenu bien trop étroit et trop peu visible. Les collections, très variées, comptent plus de 25 000 pièces. L’expo permanente en présentera 800 et les expos temporaires seront ouvertes en particulier au dialogue avec l’art contemporain.

L’enjeu de l’aménagement est de taille : comment conserver la force sculpturale du bâtiment de Jacqmain mais en faire un musée mettant en valeur les œuvres ? Comment accueillir tous les publics (une absolue priorité pour Anne Querinjean) ?

L’ancienne bibliothèque a été entièrement vidée et transférée au Learning Center proche.

Au rez-de-chaussée, l’entrée sera déportée et un mur de verre sera créé pour ouvrir le musée à la ville. Tout cet étage sera consacré à l’accueil des publics avec ateliers pédagogiques, salle de pique-nique, cafétéria (un restaurant est prévu plus tard au sommet du bâtiment avec vue sur la ville).

Les espaces bas de plafond posaient problème, mais l’éclairage très étudié empêchera qu’ils soient écrasés.

Il fallait surtout mettre ensemble des collections riches mais hétéroclites : moulages, antiquités, arts populaires, art moderne (donation Serge Goyens), art ancien, dépôt venu de la donation royale, ensemble exceptionnel d’estampes, collections scientifiques de tous les départements, etc. Un défi comme celui qu’a connu, à Lyon, le Musée des confluences.

Trois "labs"

Le choix est de faire dialoguer les collections dans un parcours en cinq questions : "s’étonner" (un beau cabinet de curiosités mêlant tout); "se questionner" (la passion des chercheurs); "transmettre" (l’écriture et le calcul); "s’émouvoir" (l’art, la plus grande section en majesté dans la grande salle); "contempler" (focus sur la collection d’un amateur, le docteur Delesemme). On y ajoutera trois "labs", des laboratoires d’expérimentation où les visiteurs pourront toucher, palper, étudier la couleur, la 3D, jouer.

L’équipe compte 20 personnes et espère passer en catégorie A des musées de la Communauté. Une fois le moratoire actuel passé, il devrait l’obtenir sans souci.