Arts et Expos

Université, science et art peuvent s’enrichir mutuellement. A Bruxelles, Bozar, VUB et ULB veulent le démontrer.

Devant le Palais des Beaux-Arts, dans la galerie Ravenstein, les passants peuvent découvrir de vrais cours universitaires de la VUB qui se donnent cette année dans des locaux de Bozar et qu’on peut découvrir derrière les grandes fenêtres. Mardi, c’était un cours de psychologie devant de nombreux étudiants. Le même jour, dans la rotonde de la galerie, avait lieu un concert et un repas commun lançant officiellement cette initiative de croisement des savoirs et des pratiques.

Paul Dujardin directeur de Bozar et Caroline Pauwels, rectrice de la VUB depuis l’an dernier, « se lancent dans la conquête de la ville avec un tout nouveau concept : konekt.brussels », annonce-t-on.

Même si l’on n’en est qu’au lancement, les idées forces sont claires. L’université a tout intérêt à investir aussi le centre de Bruxelles et à s’y confronter à la vie « réelle », en particulier à la culture. Et inversement, Bozar gagne à se « frotter » aux étudiants et aux savoirs multiples des universités. La création d’un « Bozar Lab », un laboratoire d’expérimentation artistique à Bozar, avec l’appui de la VUB ,en est déjà un exemple.

Paul Dujardin avait été heureux d’entendre Caroline Pauwels déclarer dans une interview qu’une très bonne université pour ses enfants avait été de fréquenter les salles de Bozar.

Cette collaboration s’étend aussi à l’ULB et à de nombreux partenaires à Bruxelles: Muntpunt, SNCB, la FEB, STIB, musée BELvue, etc. Chaque fois, on y cherchera des locaux possibles où des cours peuvent se donner. Le « centre névralgique » restant à Bozar dans la galerie Ravenstein. Chaque fois, ce sera aussi l’occasion de mélanger les savoirs. « Nous voulons rapprocher art, culture, recherche, science, technologie » disent Paul Dujardin et Caroline Pauwels, « dans tous ces domaines, on retrouve les mêmes questionnements qui interrogent la société ».

Mai 68

Paul Dujardin cite en exemple de tels lieux de savoirs croisés et de mélange fécond : Pistoletto et sa « Cittadelarte » ou le Bauhaus dont on va fêter le centième anniversaire en 2019.

Leur crédo est qu’un « ingénieur sera plus créatif s’il peut aussi revenir à l’art ».

Pour affronter le futur, il faut disent-ils « briser les murs », revenir à la ville, « sortir de sa zone de confort ». Paul Dujardin cite en exemples, le rôle potentiel du savoir universitaire pour aider à un spectacle de Romeo Castellucci au Citroën, ou à une exposition sur le peintre Théodore Van Loon, etc.

Cette « fertilisation croisée » se fera davantage si l’université s’investit, créant un « City Campus » à la galerie Ravenstein où les étudiants peuvent étudier dans la ville et avec la ville. On parle aussi d’une « Semaine de Pop-Up université » la semaine qui précède les vacances de printemps, où tous les étudiants, toutes sections confondues, « vont découvrir et occuper » la ville.

Cette expérience en devenir, encore à préciser et à concrétiser, qui relie Bozar, VUB, ULB et d’autres, est aussi citoyenne car elle veut mettre « les expertises diverses au service d’une Bruxelles plus forte en proposant des réponses aux défis sociaux d’une métropole ».

L’an prochain, on fêtera le 50e anniversaire de Mai 68, dont l’épicentre s’était déroulé précisément dans le grand hall de Bozar et à l’ULB. Cette commémoration « rend cette collaboration entre les universités et la culture encore plus actuelle. »