Arts et Expos Récemment, le musée Camille Claudel s’est ouvert à Nogent-sur-Seine. 

Il n’y a pas que Pierre-Auguste Renoir que l’Aube met à l’honneur en cette année 2017. A Nogent-sur-Seine en effet, s’est ouvert le 26 mars dernier le musée Camille Claudel. Installé dans la maison que la famille Claudel occupa et dans un bâtiment moderne adjacent, le parcours présente d’abord les sculpteurs locaux qui ont influencé la jeune artiste avant de passer à Rodin puis, une fois qu’on pénètre dans la maison familiale, aux sculptures de cette prodigieuse artiste qui passa les trente dernières années de sa vie dans un asile d’aliénés, délaissée de sa famille et en particulier de son frère, Paul.

En 1876, Camille a douze ans lorsque son père est nommé conservateur des hypothèques dans le chef-lieu de canton de l’Aube. C’est là que, pendant les trois années que la famille y demeure, la demoiselle se passionne pour le modelage, la région étant réputée pour ses potiers. Le père voit cependant plus loin pour sa fille et s’adresse au sculpteur local Alfred Boucher, second prix de Rome en 1876, pour polir ce diamant brut.

En 1881, le père Claudel envoie femme et enfants à Paris, et Camille suit les cours de l’académie Colarossi, où Boucher continue à la suivre. Mais auréolé d’un autre prix prestigieux qui lui permet d’effectuer un voyage d’étude à Florence, le sculpteur confie Camille à Rodin qu’il estime être le meilleur sculpteur de son temps.

En 1902, Boucher sera à l’origine du musée de Sculptures de Nogent, base de la collection des œuvres présentées au début du parcours. Les œuvres de Camille réunies par Reine-Marie Paris, sa petite-nièce, retrouveront en 2008 le chemin de Nogent, attendant depuis leur nouvel écrin.

Belle évocation d’une évolution

A côté de Boucher (1850-1934), on retrouve des sculptures d’autres artistes de renom ayant habité à Nogent, comme Marius Ramus (1805-1888) ou Paul Dubois (1829-1905). Avec Camille Claudel (1864-1943), ce sont donc quatre générations d’artistes que le musée présente, avec l’évolution des styles, ou leur constance… Le parcours replace ainsi Camille Claudel dans le contexte artistique de l’époque (approximativement de 1870 à 1910).

La sculpture sera monumentale, commandée par l’Etat, ou moins imposante, appelée à décorer les intérieurs bourgeois de cette fin de XIXe siècle.

On arrive enfin dans la collection Camille Claudel proprement dite. Le musée est le seul au monde à présenter ainsi l’évolution de l’art de Camille qui s’étend de 1885 (participation au salon annuel) à ses dernières années de production en 1905.

Sa période la plus féconde (1889-1898) est une période heureuse qui la voit attendre la reconnaissance officielle des autorités, synonyme d’une acquisition d’œuvre qui, malheureusement pour elle, ne viendra jamais. Ensuite, elles seront représentatives de sa chute, la conduisant à la paranoïa. Parmi les pièces remarquables, "L’Aurore", les différents exemplaires de "La Valse" joliment mis en scène, "L’Age mûr", "La Fortune", "L’Abandon", "Les Causeuses" ou encore "L’Implorante".

A l’entrée du musée, fort abîmé, "Le Sakountala", bronze de sauvegarde qu’elle avait présenté à un concours en vue d’obtenir la commande d’Etat, est comme la preuve de l’oubli dans lequel Camille était tombée pendant trois quarts de siècle.

Avec ces trois cents œuvres, le MCC permet une belle immersion dans l’œuvre sculptée française en cette époque de foisonnement artistique, à une heure de Paris.

Musée Camille-Claudel, 10 Rue Gustave Flaubert, 10400 Nogent-sur-Seine, fermé le lundi. Infos : www.museecamilleclaudel.fr