Arts et Expos

C'est Dirk Braeckman, l'excellent "photographe peignant", qui représente cette année la Belgique à la Biennale de Venise. Rencontre dans son atelier gantois avec un artiste du gris et noir.

Pas loin du centre de Gand, les quais du "Voorhoutkaai" sont comme un petit village au bord de l’eau. De l’entrée de l’atelier de Dirk Braeckman, on a une vue sur la ruelle pavée et les vélos qui passent, sur les bateaux, sur la ville avec la tour de la cathédrale Saint-Bavon.

Dirk Braeckman a un second atelier en ville qui est son jardin secret, sa chambre noire où il manipule ses négatifs dans une alchimie qui a fait sa marque de fabrique. Ici, le long du quai, il a ses stockages et ses espaces administratifs. Posés sur les murs, s’empilent des grandes photographies noires et grises (1,8 m sur 0,9 m). C’est la dernière occasion de voir l’artiste dans son atelier avant ses multiples voyages à Venise.

Après Berlinde De Bruyckere en 2013 et Vincent Meessen en 2015, il représentera cette année la Belgique à la Biennale de Venise du 13 mai au 26 novembre. Ce sera en effet le tour de la Flandre d’occuper le pavillon belge.

Son projet est présenté avec, comme commissaire, Eva Wittock du Musée M de Louvain avec qui il avait déjà monté une grande exposition en 2011 dans la ville universitaire.

Consécration de mi-carrière

Né à Eeklo en 1958, le photographe vit à Gand après y avoir suivi des cours de photographie à l’académie royale des Beaux-Arts. Ses œuvres sont immédiatement reconnaissables à leur noir profond qu’il travaille à la chambre comme un peintre le ferait avec ses pinceaux. Il a rarement fait des portraits même s’il a réalisé ceux d’Albert II et Paola à la demande de Jan Hoet. Ils sont exposés au Palais royal.

Ne cherchant nullement à rendre la réalité visible des choses et des gens, il les saisit dans un espace de noirceur qui les isole et ne les révèle qu’en dehors de toute anecdote.