Arts et Expos

Reportage au coeur du palais Galliera, à Paris, qui présente les collections de costumes du XVIIIe siècle à nos jours.

© Johanna de Tessières
© Johanna de Tessières

Les lourdes portes en fer forgé du palais Galliera se referment.

Il est 18h et les derniers badauds ont quitté l'exposition « Anatomie d'une collection » qui se donne à voir en ce moment au musée de la mode parisien.

On se glisse dans le musée, et une fois la lumière éteinte, et on tombe nez à nez avec l’ombre insolite de cette robe à seins en pointe, signée Jean-Paul Gaultier.

© Johanna de Tessières
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Les derniers visiteurs partis, le gilet de Napoléon Ier, le collet en hermine de Sarah Bernhardt et les sages rayures du gilet du petit Louis XVII restent sans bouger dans leur vitrine.

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Rien à voir avec les balais de Fantasia qui s'animent dès que le maître des lieux est parti.

Même si la robe cheveux signée Martin Margiela a l'air d'être animée...

© Johanna de Tessières

Mais quel genre de trésor recèle un musée de mode ?

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C'est alors que l'on est allés se faufiler dans les réserves du musée...

© Johanna de Tessières

C'est Alexandre Samson, responsable de la création contemporaine au musée Galliera, qui sera notre guide en ces lieux secrets.

Il nous sort le grand jeu.

© Johanna de Tessières

Sur cintre, on conserve ce qui est le moins fragile, et bien sûr, rien qui ne soit fait en maille. 

 Les pièces les plus précieuses, et parfois dont la vie ne tient qu'à un fil sont cachées, derrière un numéro de travée, tiroir, rangée.

© Johanna de Tessières
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On soulève les voiles pudiques.

© Johanna de Tessières

On ouvre les housses, on tire le bon tiroir.... et on tatouille...

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Et là, survient la magie. On ouvre un tiroir et on tombe sur :

Le petit maillot de Sonia Delaunay. Un maillot de bain années 20, en maille tricot.

Le musée Galliera conserve plusieurs pièces de la production textile de l'artiste.

A noter ce petit maillot était une pièce bain de soleil, pas question de se baigner avec.

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© Johanna de Tessières

La main qui ouvrait les tiroirs nous mène à la découverte d’une robe de bal de deuil (1825-1830).

Sa propriétaire avait le droit d’aller au bal, mais cela ne l’empêchait pas de devoir porter le deuil. 

Allongée dans le tiroir, ses broderies de lune et manches ballons donnent l’impression de rire sous cape, prêtes à danser le cotillon. 

 Qu’apprend-on sur sa propriétaire en observant le vêtement ? “C’était une femme fine et petite, mais on ne peut pas en dire beaucoup plus. Ces manches, cette ligne, c’est la forme d’époque”. 

 Mais ce décolleté et ces broderies, ce n’est pas humble. Avait-elle déjà l’intention de se retrouver un second mari ?

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Arrêt sur image : ce manteau haute couture Jeanne Lanvin, pièce nommée « Raraou », qui signifie petite araignée. Ce sont des lacets continus sur du tussor de soie. C'est un modèle qui a été porté, comme la grande majorité des vêtements des réserves.

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Découverte amusante à base de paillettes : ce manteau couture années 30 de la maison Jean-Patou, ligne Sport et voyages. 

 Comme quoi, la paillette peut être portée en toute circonstance.

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L'un des clous de la visite : la robe en gélatine de poisson,

Dans les années 30, on faisait des paillettes à base de gélatine de poisson.
L’effet est rutilant sur cette toilette d'Anna Gould, coquette devant l’éternel, qui avait un goût certain pour ce qui est voyant. 

 Elle possédait un riche mari, une grande maison et des toilettes dispendieuses.

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Merci à Alexandre Samson, responsable des collections contemporaines au musée Galliera, conservateur de son état, immense connaisseur de la mode et de ses histoires, enfin, charmant devant l'éternel.

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Texte : Aurore Vaucelle

Photos : Johanna de Tessières