Arts et Expos

C’est devenu une belle habitude. A l’occasion d’Art Brussels, s’ouvrent à Bruxelles, de multiples expositions chez des collectionneurs privés et mécènes. Ensemble, elles forment un parcours passionnant dans l’art d’aujourd’hui. Si Art Brussels ne dure que trois jours, ces expos se prolongent bien au-delà.

Il y a d’abord, "Maison particulière", lieu magique sur la scène bruxelloise, à côté de la place du Châtelain, dans un quartier très prisé, transformé en centre d’art par le couple de collectionneurs français, Myriam et Amaury de Solages.

Si leur fil reste de partager les espaces avec d’autres collectionneurs, ils innovent, cette fois, en ayant invité trois collections étrangères à exposer avec la leur. Une idée intéressante qui permet de vérifier qu’à l’heure de l’art mondialisé, les particularités de chaque pays restent vivaces. Chaque collection étrangère comprend certains artistes qu’on connaît mal chez nous. Il y a d’abord l’importante collection italienne Maramotti qui retrace, entre autres, l’art italien des années60 à aujourd’hui. On découvre aussi les choix liés à la personnalité, comme collectionneurs, d’un couple hollandais, Henk et Victoria de Heus-Zomer et d’un Espagnol, Josep Maria Civit, dont la collection s’ouvre à l’effervescence des artistes espagnols et latino-américains.

La corde coupée

Chaque collectionneur a proposé des œuvres sur le thème choisi ("Résonance(s)") et la tâche, très délicate, de Myriam et Amaury de Solages, fut d’accrocher ces œuvres, en confrontant ces regards particuliers. Un travail d’autant plus subtil qu’ils invitent en plus, un artiste à exposer ses œuvres dans toute la maison et c’est le cas, cette fois, du peintre bruxellois Gauthier Hubert dont on voit, dès l’entrée, les grands portraits impressionnants d’un "gros collectionneur" et d’un Van Gogh imaginaire chassé de l’académie d’Anvers.

Le résultat est une très belle promenade dans l’art, à travers les goûts de diverses personnalités, les quatre collections étant étroitement entremêlées. Quatre coups de cœur ? D’abord "le fil coupé par Chronos" de l’Italien Gianni Caravaggio, proche de l’arte povera (son père mais aussi sa mère, s’appellent Caravaggio !) : une corde tombe du plafond et forme un rond sur le sol. Mais en regardant bien, elle est coupée au milieu, par la "faux" de la mort, et la partie inférieure reste verticale car elle est en bronze couvert de pigments. Magnifique. Il faut aussi suivre toute la sensualité travaillée de la vidéo de Laure Prouvost et le "Tokyo" de l’Allemand Daniel Rich, composé d’une mosaïque d’à-plats de couleurs, un hommage à la fragilité des villes japonaises après le tsunami. Coup de cœur aussi pour l’installation d’une infinité de vestons, de la Finlandaise Kaarina Kaikkonen.

Résonance(s), Maison particulière, 49, rue du Châtelain, jusqu’au 29 juin, du mardi au dimanche, de 11 à 18 heures.