Arts et Expos

Pour leur cinquième édition, les Journées photographiques de Bienne, seule manifestation du genre en Suisse, ont hissé le ton, confirmé les exigences qualitatives, multiplié les expositions, invité des commissaires étrangers, et manifesté l'intention de s'inscrire dans un contexte international de haut niveau. Bien que les deux chevilles ouvrières, Vincent Juillerat et Stefano Stoll soient bénévoles, bien que les lieux publics et privés mis à disposition ne répondent pas toujours aux conditions idéales, que les budgets soient particulièrement limités, le défi relevé en cette petite commune frontière entre la Suisse alémanique et francophone mérite un beau coup de chapeau.

La thématique générale, celle du paysage, est à considérer en une acception large dans la mesure où la manifestation centrale concoctée par les deux protagonistes, s'assortit d'autres expositions, monographiques ou thématiques, relevant de cartes blanches: notamment aux organisateurs du festival de Braga au Portugal, de coups de coeur ou d'un coup de pouce à un jeune talent, en l'occurrence le Biennois Alexandre Girod. On en retiendra donc une idée générale comprise entre la Cosa mentale et la nature des choses, pour reprendre deux titres situant pratiquement les extrêmes d'un tout dont la disparité se fera oublier au profit des choix, voire des révélations, pour nous notamment de quelques artistes suisses dont certains participèrent en juin dernier à une exposition à Paris, organisée à l'initiative de la galerie Baudoin Lebon. Plonk & Replonk, auteurs de traitements quelque peu facétieux de cartes postales anciennes, dont La Libre Belgique a livré cet été quelques exemples choisis, étaient déjà de la partie!

Une particularité de ces expositions malheureusement très limitées dans le temps, tient justement à un réseau de relations qui, notamment en provenance de Paris, trouve des liens avec Bruxelles. En effet, l'une des expositions sous commissariat d'Emmanuel Hermage, entre dans le cadre d'un cycle mis sur pied par une galerie parisienne, Les filles du calvaire, qui s'installeront à Bruxelles, Kanal 20, dès le 20 septembre, en présentant, jusqu'en décembre, deux expositions successives sur «Cosa mentale, Paysage (s)», et à laquelle participent des artistes repris dans l'ensemble de Bienne. Par ailleurs, dans l'exposition centrale qui se fonde sur les écrits récents du philosophe Gilles A. Tiberghien, les organisateurs ont sélectionné deux photographes belges parmi les plus originaux en la matière, et à juste titre particulièrement remarqués: Felten - Massinger (galeries Chomette et Orion) dont on connaît les grands sténopés on ne peut plus picturaux et Gilbert Fastenaekens (galerie Orion), dont ont été retenus en une récente exposition ostendaise, les paysages de bois touffus, en noir et blanc.

FORCE, ORIGINALITÉ, QUALITÉ

Ces connexions belgo-helvétiques ne doivent point évincer l'essentiel: la force, l'originalité, la qualité des photos, entre autres des Stan Denniston, Paola de Pietri, Paul Pouvreau et Corinne Mercadier qui seront représentés à Bruxelles, mais encore, et pour ne signaler que quelques points d'orgue, des Andrew Savulich: un New-Yorkais travaillant sur l'événementiel; Heini Stucki: un Suisse auteur de portraits- vérité; un autre Suisse: Tobias Madörin focalisant sur les groupes humains; le Français Bernard Desprez et son regard sur les toiles bleues, l'Italien connu Massimo Vitali, une Américaine captant des ciels étranges: Kathryn Green; et l'auteur du cactus de l'affiche: le Hollandais Michel Szul-Krzyzanowski.

«5es Journées photographiques de Bienne», Fondation Laula, Pont du Moulin, 3, Bienne (Suisse). Jusqu'au 30 septembre. Du mardi au vendredi de 14 à 18h, samedi et dimanche de 11 à 18h.

Web www.jouph.ch

© La Libre Belgique 2001