Arts et Expos

Très longtemps l’histoire s’est écrite visuellement dans la gamme des gris car la photo en couleur était trop complexe ou trop coûteuse. À partir des années 70, de nouveaux procédés ont à la fois démocratisé la couleur et placé les auteurs devant un vrai choix. Opter pour la couleur, c’était dorénavant s’inscrire dans une certaine conception de l’image fixe. Aujourd’hui, on s’aperçoit que l’ère du numérique abolit l’alternative. De facto tout un chacun photographie en couleur. Le noir et blanc est devenu une option graphique, presque un artifice. Un peu comme le sépia de la nostalgie à deux sous. Dans ce contexte, il est surprenant de voir un Bernard Plossu ressortir ses tirages Fresson quadrichromiques. Autant d’épreuves tirées selon un procédé au charbon qui leur confère un petit air de pictorialisme rétro. En tout cas pour une série de paysages qui ne semblent rien y gagner et qu’il faut distinguer de petits bijoux où l’idée de l’image, c’est la couleur. Des situations monochromatiques par exemple - intérieur tout rose, restaurant bleu, mur rouge reflétant une ampoule (hommage à Eggleston ?) - ou bien bichromatiques - points rouges de feux de voitures criblant le gris de la soirée pluvieuse Une bonne part de cette trentaine de photos exposées chez Contretype sont reprises dans un livre - pas très grand, mais de belle facture - qui s’ajoute à la longue liste d’ouvrages (plus de soixante) consacrés au travail de cet artiste prolixe.

Jean -Marc Bodson

"Couleur Fresson", photographies de Bernard Plossu. Bruxelles, Contretype, 1, avenue de la Jonction. Jusqu’au 8 mars, du mercredi au vendredi, de 11h à 18h et le samedi et dimanche de 13h à 18h.