Daniel Buren, le chef de la bande

ABONNÉSGuy Duplat Publié le - Mis à jour le

Arts visuels

Ses bandes verticales alternées blanches et colorées de 8,7 cm de largeur ont fait le tour du monde. Dans l’architecture des musées, sur des colonnes, dans l’espace public. Elles sont devenues une institution et la marque de fabrique de l’artiste. On les revoit ici dans le hall Horta et la première salle de l’exposition à Bozar à Bruxelles. Depuis 50 ans, Daniel Buren investit le champ artistique et l’interroge. Les bandes - ce qu’il appelle son "outil visuel" -, il les place "in situ" car leur fonction est de révéler les caractéristiques du lieu qu’elles investissent. Elles permettent de regarder d’un œil neuf l’architecture et l’environnement.

Nous avons longuement interrogé cet artiste français majeur, né à Boulogne-Billancourt en 1938, à l’occasion de sa rétrospective à Bozar réalisée en dialogue avec Joël Benzakin.

Une rétrospective du travail de Daniel Buren est impossible à réaliser au sens traditionnel, car ses 2 500 (!) expositions ont été le plus souvent réalisées in situ et les œuvres n’existent plus. "Une des manières de résoudre cela est le film sur une sélection de mes interventions depuis le début de ma carrière jusqu’à aujourd’hui, que les visiteurs découvrent d’abord. Une première pour moi. Cela ne remplace pas la rétrospective mais peut permettre aux gens qui ne me connaissent pas ou ne connaissent qu’une partie de mon travail d’en découvrir la variété. Certes, le film dure trois heures et demie mais même en n’en regardant qu’un peu, cela sert d’introduction..."

En sélectionnant plus de cent artistes des XXe et XXIe siècles, vous contournez l’impossibilité d’une rétrospective en réalisant une sorte d’autoportrait ?

Oui, c’est mon exposition, pas une exposition de groupe ; j’utilise les œuvres d’art comme un matériau, comme on le ferait avec du bois. Mais les choix sont éminemment personnels. Ce sont tous des artistes que j’admire, ou avec qui j’ai travaillé ou que j’ai rencontrés et qui m’ont d’une manière ou l’autre influencé. Ce sont les trois critères. Tout aussi importants sont les artistes qui n’y sont pas. Les "trous" sont volontaires. Je ne pouvais exposer que des artistes que je peux défendre et pas, par exemple, les surréalistes, le pop art ou l’expressionnisme.

Un article à découvrir dans notre "Sélection Lalibre.be".