Arts et Expos

«Articulations - Viktor Hulik - Antoine Laval», Atelier Muzeum 340, Drève de Rivieren, Jette. Jusqu'au 16 septembre. Du mardi au dimanche de 14 à 19h.

Les expositions de duos de plasticiens offrent quelques avantages de choix: elles permettent un bon développement de l'oeuvre de chacun des participants, elles offrent des comparaisons, des confrontations et des complémentarités, et aident à saisir la singularité à l'intérieur même d'une mouvance. Confirmation en ce doublé du 340.

Quelques expositions bru- xelloises au début des années 80, une double reprise à la fin des années 90 ont placé le Luxembourgeois Antoine Laval (1954) sur la scène belge. Le voici de retour en une intéressante interaction avec l'oeuvre non diffusée chez nous de l'artiste slovaque de Bratislava Victor Hulik (1949). Leur point commun: la mesure et... l'aléatoire. C'est-à-dire la rigueur et son contraire. Dans ce registre, tous deux multiplient les approches d'une recherche très unitaire qui, pour paraître essentiellement plastique, ne s'engage pas moins dans une relation étroite au temps et à l'espace qui irrémédiablement disloquent les choses.

Les deux artistes travaillent sur le fil tendu des mouvances construites, cinétiques (mouvement arrêté) et conceptuelles, se distanciant néanmoins des deux par des mises en pratique investigant également du côté du support (surtout Hulik), de l'objet, du statut de l'image, de la représentation réelle ou imaginaire. Des oeuvres, on le constate, plus complexes qu'elles n'en ont l'air, d'autant plus qu'elles ne dédaignent point un franc côté esthétique.

Partant quasiment d'une base commune - le mètre pliant de bois, véritable accordéon latéral arpenteur de toutes les planéités -, les deux plasticiens conçoivent leurs réalisations sur la concentration et le déploiement. Organisés le plus souvent en tableaux géométriquement structurés, les oeuvres de Hulik, construites, peintes et imagées, proposent un paysage qui, tombé en déglingue, parfois enlevé dans les rêves, défait, déconstruit, se retrouve en l'état chaotique, au sol. Néanmoins, les segments de base rendant possible la reconstruction demeurent intacts et utilisables. Ne sont-ce pas là des images du monde révélant ses dessous et soumis aux affres du temps comme aux destructions? Opérant sur le mode séquentiel, Laval entend davantage prendre la mesure symbolique des choses, et par là, bien entendu, les relativiser, le tout, de la culture livresque à l'espace libre, n'étant point facilement quantifiable.

Loin des grandes orgues, une exposition pleine de... dé-mesure.

© La Libre Belgique 2001