Arts et Expos  "P (ART) cours" réunit des plasticiens le long de la vallée de la Woluwe.

Trois communes du sud-est bruxellois se sont associées pour présenter in situ des œuvres de 35 plasticiens originaires de 10 pays européens. Le commissaire de l’exposition, Guy Malevez, explique que "les œuvres/interventions reposent sur le désir d’établir un dialogue artistique, poétique ou sensible avec la nature ‘ordonnée’ des parcs contemporains tout en questionnant les enjeux sociétaux de notre siècle. En mettant en lien culture et univers paysager, poursuit-il, la manifestation fait l’éloge de la fragilité, du transitoire, de l’éphémère et des équilibres précaires à préserver dans la relation de l’homme à son environnement". Force est de constater que, dans la situation actuelle, de nombreux plasticiens se préoccupent de l’état du monde et travaillent en contact direct avec les réalités humaines. Ainsi, les bancs de guingois de Nadège Sicar, n’évoquent pas seulement le manque de respect courant vis-à-vis du mobilier public, ils stigmatisent aussi les mesures prises pour empêcher sans-abris ou migrants de les utiliser comme site de repos.

Au fil de l’eau

L’une des œuvres emblématiques de ce parcours pourrait être les panneaux de signalisation plantés par Gaëlle Cressent. Ils sont vierges ! Il faudra donc partir à l’aventure et se lancer à la recherche des œuvres en se laissant plus ou moins guider par le ruisseau, la Woluwe, qui traverse les trois communes, et trace entre vallée, parcs et sentiers une promenade verte ponctuée de quelques haltes. Dont une station de métro avec écran led dû à Sabrina Montiel-Soto et une installation signée Thierry Verbeeck, dont le pont du Diable (œuvre de Laura Porter) dans le Parc de la Woluwe ou encore l’Etang Long où sont intervenus notamment Benjamin Testa, Charley Case, Marius Ritiu, Shilpa Joglekar. Ajoutons celle du Parc des Sources avec les Nymphéas d’Audrey Frugier. Ainsi que la Médiatine où exposent Kendell Geers et la peintre Charlotte Burtin évoquant la pollution. Et encore l’étang du parc Malou sur lequel Isabelle Copet a déposé un grand dessin blanc, flottant, inspiré des motifs des dentelles des châteaux du XVIIIe siècle. Une œuvre délicate, ondulant au gré du vent, que l’on découvre de la terrasse du château comme si la nuit avait oublié sur l’étang un rêve d’opaline…Claude Lorent