Des joujoux par milliers

Roger Pierre Turine Publié le - Mis à jour le

Arts visuels

On disait que "

Comme dans nos jeux d’enfants quand on se prenait pour papa et maman ou pour Monsieur le Docteur, qu’on jouait magasin ou pilote fou de vitesse. Cette petite phrase tout pleine de sous-entendus annonce la couleur, non seulement d’une expo qui glorifie les jouets d’âges bien révolus, mais aussi toute une saison artistique placée sous les auspices du jeu dans les diverses disciplines proposées sur le site universitaire.

D’où un titre global plus largement évocateur de manifestations festives à souhait : "Jeux de rôle et drôles de jeux". Le choix de la thématique revient à l’artiste en résidence à Louvain-la-Neuve en 2012 : Michèle Anne De Mey, pensionnaire de Charleroi Danses. Au Musée, UCL Culture a donc opté pour un accrochage qui met idéalement en lumière les mille et un trésors qui auront accompagné nos enfances depuis plus d’un siècle, avant que l’électronique ne s’en mêle.

Les uns proviennent des collections muséales et, plus particulièrement, de la donation de Micheline et Noubar Boyadjian. Les autres sont des prêts en provenance du très riche musée du Jouet de Bruxelles (rue de l’Association).

Ces jouets, normal pour un musée du Dialogue (rappelons qu’il fut le tout premier en l’espèce, sur une idée de l’entreprenant Ignace Vandevivere), dialoguent de plus belle avec des œuvres du musée évoquant par l’écrit, la musique ou l’image, voire des peintures, le jeu et l’enfance. C’est dire si l’on ne s’ennuie pas, à tout âge, en aussi plaisante compagnie.

Invitation sans ambages à retrouver, le temps d’une visite auréolée de bons sourires, notre âme d’enfant, l’exposition diversifie son offre entre jouets pour de vrai et jouets et jeux illustrés. Entre jouets disons inertes et jouets mécaniques, une petite boutique sans ostentation offrant aux plus accros la possibilité de se retrouver de plain-pied dans un univers de surprises à bon compte.

Les plus anciens jouets sont sans doute de magnifiques automates musicaux offerts par les Boyadjian et, parmi eux, ces "Trois singes musiciens" de 1870, qu’une vidéo permet de voir fonctionner. Il y a, bien sûr, merveilles désormais en vitrine, tous ces trains, trams, avions, bateaux, châteaux forts et soldats de plomb, mais aussi peluches ou poupées articulées qui ravirent nos insouciances. Et que de jouets à tirer, gardienne d’oies, âne récalcitrant, tant d’autres choses encore à déguster dans un musée soudain transformé en pays des rêves. Et les petites autos qui nous incitaient à pousser des "vron-vron" pour les faire avancer d’une main agile. Et l’imagerie d’Epinal ou les contes délicieusement illustrés par le magicien Tytgat.

Un tableau naïf de 1897 nous montre un petit garçon au cerceau. Et une photo de jeux d’enfants à Gijón, Espagne, est signée Jean-Marc Bodson. La fête, ici, est totale. Et c’est dire si vous seriez sot de n’y pas mêler votre voix, vos souvenirs.

Musée, 1, place Blaise Pascal, 1348 Louvain-la-Neuve. Jusqu’au 23 décembre, du mardi au vendredi, de 10 à 18h; le week-end, de 14 à 18h. Infos : 010.47.48.41 et www.muse.ucl.ac.be

Ce mercredi 21, nocturne ludique de 20 à 22h : "Kot à jeux et Kap Contes" !

Musée du Jouet de Bruxelles, 24, rue de l’Association, 1000 Bruxelles : www.museedujouet.eu

Publicité clickBoxBanner