«Des paysages»

Roger Pierre Turine Publié le - Mis à jour le

Arts et Expos

P uisque c'est bien connu, les peintres peignent des paysages», écrit en exergue de cette exposition l'un de ses participants, Bernard Gaube. Une exposition qui vient peut-être à son heure en raison des sempiternelles et affligeantes remises en question de la peinture en tant que medium actif de la création artistique au XXIe siècle.

Une exposition qui, initiée par le Centre culturel régional du Centre, souffle hélas le chaud et le froid, les huit peintres à l'affiche évoluant sur des registres trop différents que pour lui confier une harmonie fructueuse. Les peintres ont, chacun, leurs bonnes raisons d'attaquer la toile comme ceci ou comme cela, bien évidemment. Mais, qu'une exposition semble bâtie sans véritable ossature, sans cohésion, et voilà qui n'incite pas le visiteur, sinon à se retrouver dans la démarche initiée, à tout le moins à s'y sentir en terrain bienvenu.

Que le paysage suscite chez les artistes des options diverses, voilà certes qui est de bon ton et devrait donner sa richesse et sa variété souhaitée à l'ensemble. Mais que les uns agissent en s'intégrant dans la logique d'une histoire plastique à l'écoute des sensations propres à l'homme et les autres apparaissent plus enclins à la démonstration intellectuelle, et voici qui rend la démonstration chaotique, sinon franchement boiteuse.Pas question d'entrer ici dans une querelle de points de vue, nous jugeons sur pièces. En tenant compte de la thématique retenue, un Pierre Debatty, un Johan Boutelegier, un Roby Hoffmann, un Jean-Pierre Ransonnet, un Bernard Gilbert même nous offrent ici les meilleurs morceaux. Ils sont très différents les uns et les autres, mais leur rapport à la peinture est si évident, si chaleureux ou si subtil, si accaparant dans la diversité, que leurs «paysages» émergent des brumes de l'art actuel. Mais pourquoi Francis Feidler pense-t-il devoir nous infliger des ajouts conceptuels assez fatigués à côté de ses peintures «à l'ancienne»? Et si Daniel Pelletti apparaît décalé avec son écriture trop baroque, Bernard Gaube a carrément perdu de sa superbe ancienne à force d'affadir sa palette avec des jeux de pensée bien sommaires!

© La Libre Belgique 2004

Roger Pierre Turine

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