Des sites olympiques mais aussi historiques

Alain Lorfèvre Publié le - Mis à jour le

Arts visuels

L’organisation des JO a eu la bonne idée de répartir les épreuves dans toute la capitale britannique. Un voyage dans son histoire et celle des deux olympiades qui s’y sont tenues.

  1. Transports

Plus vieux au monde, le Metropolitan londonien a été amélioré, notamment avec l’ajout de nouvelles infrastructures comme le Javelin Train (qui relie en 6 minutes 40 secondes la gare de Saint-Pancras au parc olympique) ou le Thames Cable Car (un téléphérique entre l’ExCel Centre et North Greenwich Arena). Dans les stations de métro, des plans indiquent les correspondances possibles par chemin de fer. Les stations donnant accès aux sites olympiques (Olympic Venues, en anglais) sont identifiées par le logo des Jeux. Utile aussi bien pour savoir où assister aux épreuves que pour éviter les zones d’affluence. Selon la Mairie de Londres, aucun spectateur ne sera jamais à plus de trente minutes d’un site olympique. Chiche !

2. Le parc olympique

D’un montant de 6,8 milliards de livres, ce sera l’épicentre des JO 2012, avec ses neuf aires olympiques. Nous en avons présenté l’architecture dans nos éditions du 26 juillet. Les Britanniques ne manquent pas de rappeler qu’avec cette édition, Londres devient la seule ville à avoir accueilli trois fois les Jeux olympiques modernes, après la quatrième olympiade en 1908 et la première consécutive à la Seconde Guerre mondiale en 1948.

3. North Greenwich Arena – O2

Le Dôme du Millenium, conçu pour la Millenium Experience en 2000, est devenu l’O2 Arena, salle de spectacle ou d’exposition d’une capacité de 20000 places. Le temps des JO, elle est rebaptisée North Greenwich Arena et abritera les compétitions de basket-ball et de gymnastique. Horse Guards Parade

4. Royal Artillery Barracks

Situé à Woolwich, à l’est de Londres, les anciennes casernes de l’artillerie de Sa Majesté sont converties le temps des Jeux en terrain de compétition pour les disciplines de tir (carabine, pistolet et tir aux plateaux). Trois tentes indoor ont été installées. Ces structures parallélépipédiques originales sont percées de trous colorés – comme si des artilleurs s’étaient acharnés dessus. Elles ne doivent pas empêcher d’admirer le bâtiment historique du site, dont la façade nord est la plus longue de style georgien au monde.

5 . Blackheath

Aucune compétition des Jeux ne s’y tient et c’est symboliquement regrettable. Ce superbe espace vert situé au sud de Greenwich Park est en effet le berceau de nombreuses disciplines sportives. Le roi James Ier y fonda le premier club de golf en 1608. Des élèves de la Blackheath Proprietary School y formèrent en 1840 le premier club de hockey du monde – officialisé en 1861. Et le Blackheath Rugby Club est le premier à y avoir été officiellement constitué en 1858. Blackheath accueille chaque année le départ du marathon de Londres.

6. Greenwich Park

Aménagé en 1433, Greenwich Park, qui accueille les sports équestres et le pentathlon, est le plus vieux parc de Londres. Il est intégré à l’ensemble Maritime Greenwich, classé patrimoine mondial de l’Unesco. De l’Observatoire royal, construit en 1675, Edmond Hallley observa la comète qui porte son nom. En 1848, on y publia le premier bulletin météo. Depuis 1884, Greenwich est le point géographique du premier méridien, que figure une ligne en cuivre dans le jardin de l’observatoire. A deux pas, le Palais de Greenwich vit naître Elizabeth Ire. La Queen’s House est agrémentée d’annexes dessinées par Christopher Wren et son assistant Nicholas Hawksmoor, les deux des architectes qui ont profondément modifié l’apparence de Londres entre le XVIIe et le XVIIIe siècles.

Infos pratiques et touristiques sur www.londontown.com

A lire : Londres, la biographie, Peter Ackroyd, Stock, 2003 I Never Knew That About London, Christopher Winn, Ebury Press, 2007

7. Horse Guards Parade

C’est un des lieux les plus célèbres du centre de Londres. Y sont casernés les prestigieux Horse Guards, qui défilent sur l’esplanade depuis le XVIe siècle, notamment lors de la parade Trooping the Colour, qui salue l’anniversaire de la Reine. Etonnamment, les organisateurs n’ont pas prévu d’y tenir les compétitions équestres des JO mais celle de... beach volley. Les fonctionnaires de Whitehall (siège du ministère de la Défense ou du Foreign Office) et le premier ministre David Cameron (qui réside au 10 Downing Street, dont l’arrière donne sur la place) passeront-ils la première quinzaine d’août à la fenêtre ?

8. The Mall

Cet autre site emblématique, qui relie Trafalgar Square au palais de Buckingham, est aussi mis à contribution pour les Jeux. Juste retour des choses : dès le XVIIe siècle, Charles II s’y adonnait au “paille maille”, variante géante du croquet, qui donna à l’esplanade le nom de Pall Mall. Devenu un lieu de promenade très couru, le site fut plus communément appelé The Mall (les Etats-Unis importeront le terme pour qualifier une rue commerçante piétonne, puis leurs galeries commerçantes : shopping mall). C’est sur le Mall qu’aboutiront les courses cyclistes, pédestres et, surtout, que débutera et s’achèvera le marathon dont la première spectatrice sera la Reine, depuis le balcon de Buckingham Palace.

9. Earls Court Exhibition Center

Ouvert en 1937, ce palais d’exposition à l’architecture Art déco typique a survécu aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale. L’un des derniers événements qui s’y tint juste avant celle-ci, en 1939, fut un rassemblement de l’Union des Fascistes britanniques... Augmenté d’un nouvel espace (Earls Court 2), le lieu accueille depuis les années 80 des concerts (de rock comme d’opéra) et les Brit Awards. Durant les JO, au lieu des notes de musique, ce sont les ballons de volley-ball qui y voleront.

10. Hampton Court Palace

Le plus vieux palais Tudor d’Angleterre fut construit au début du XVIe siècle par Thomas Wosley, favori d’Henry VIII, qui l’occupa ensuite. Edward VI y est né, Mary Ire y eut sa lune de miel, Elizabeth Ire y résida, ainsi que son successeur James Ier… Les derniers souverains à y avoir logé sont George Ier et II, au début du XVIIIe siècle. Hampton Court est désormais un site touristique de prédilection. Les contre-la-montre des JO s’y dérouleront.

11. Hyde Park

Avec ses 138 hectares, c’est le plus grand parc royal de la capitale. Son nom découle du hide, ancienne unité de surface anglaise, équivalant à sa superficie lorsqu’il était propriété du manoir d’Ebury avant le XVIe siècle. Racheté par Henry V en 1536, Hyde Park doit sa configuration actuelle à Decimus Burton, qui l’a réaménagé en 1820. On aurait pu y tenir les épreuves d’escrime, en souvenir des duels qui se tenaient au XVIIIe siècle. Mais c’est l’épreuve de natation, du triathlon et le marathon à la nage qui se disputeront dans la Serpentine, le grand étang du parc. Cela changera les oies et les écureuils des touristes en pédalo...

12. Wembley Arena

La fameuse salle de spectacles hébergera la gymnastique rythmique et les épreuves de badminton. L’Arena était à l’origine une piscine, construite pour les Jeux de l’Empire britannique de 1934. Elle fut encore utilisée durant les Jeux olympiques de 1948 (tout comme le mythique stade de Wembley, voisin), les premiers organisés après la Seconde Guerre mondiale. Exsangue humainement et financièrement après six ans de guerre, le Royaume n’avait alors construit aucune nouvelle infrastructure. Pour restaurer certains sites, endommagés lors du Blitz, on mit à contribution les prisonniers de guerre allemands encore détenus en Grande-Bretagne – alors même que les athlètes allemands n’avaient pas été conviés à participer aux Jeux...

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