Dix artistes investissent le Cinquantenaire

Guy Duplat Publié le - Mis à jour le

Arts et Expos

Chaque jour, près de 2000 personnes visitent l'exposition sur Pompéi. Un résultat remarquable. Chaque jour, on vient nombreux visiter l'expo sur le Vietnam. Mais très rares sont les visiteurs qui en profitent pour (re)voir les si riches salles permanentes du musée.

C'est pourquoi le Cinquantenaire propose à chaque visiteur d'une de ces expos un tour très original et gratuit dans ses collections fixes. Ils peuvent jusqu'en mars y trouver des oeuvres de dix artistes contemporains belges parfaitement en phase avec les merveilles du musée.

Cette initiative d'Antonio Nardone et de son nouveau magazine «Artenews» permet aussi une stimulante confrontation entre l'art contemporain et d'autres formes d'art.

Des stèles de bois marquent les lieux où les artistes ont placé leurs oeuvres. Chacun a eu le choix de la salle qui lui plaisait. Nathalie Joiris a ainsi choisi l'art précolombien pour y mettre ses étonnantes sculptures mêlant le métal et des cactus. Plus étonnants encore sont les travaux de Daniel Patzelt, un artisan qui fabrique des objets incroyables (sacs, coussins, etc.) à partir de végétaux. Ses objets ont été placés dans la grande salle des trésors du musée à côté des merveilles de l'art mosan.

André Ruelle, professeur à l'Académie, a accroché ses tableaux figuratifs étrangement hiératiques dans le grand hall des tapisseries du Moyen-Age.

Alien sur la momie

Parfois, on se demande où se trouve l'intervention de l'artiste tant le mariage est intime. Les peintures de Sophie Cauvin, sortes de strates archéologiques, de vestiges mystérieux comme des tableaux de Kieffer, se marient parfaitement avec de grandes statues de bois chinoises.

Gérald Dederen a placé, lui, ses tranches de bois comme des totems ou de gigantesques champignons dans la salle d'Extrême-Orient.

Benedicte van Caloen parvient aussi à surprendre et charmer. Ses grands mannequins aveugles, en papier mâché, ont investi la très célèbre salle des momies. Il y a même un mannequin posé sur la vitrine, comme une invasion d'Aliens venus explorer les mystères des pyramides. Un résultat convaincant.

Nicolas Fasolet a aussi choisi l'Egypte et habite la salle de la vie quotidienne avec ses photos de famille.

Alessandro Filippini apporte son travail subtil d'or et d'images dans la salle des retables. Et enfin, Aïda Kazarian et Michel Mouffe ont investi ensemble la salle des sculptures romaines, qui, pour l'occasion, a reçu un coup de peinture bienvenu.

© La Libre Belgique 2003

Guy Duplat

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