E viva Enzo, Nico y Massimo !

Isabelle Lemaire Publié le - Mis à jour le

Arts visuels

Il est minuit ce 15 juin 1986. Toute la Belgique est devant sa télévision pour regarder le match Belgique-URSS, le 1/8e de finale de la Coupe du monde 1986 au Mexique. Personne ne donne cher de la peau des Diables rouges face à l’ogre soviétique. Et pourtant

Au terme d’un match d’anthologie, les Belges vont s’imposer sur le score de 4-3, au terme des prolongations. C’est Nico Claesen qui marque le but de la délivrance après 111 minutes de jeu. En Belgique, c’est du délire. Tous les supporters (et les autres) exultent de joie et sortent fêter cette victoire inespérée dans les rues. L’aventure des Diables ne s’arrêtera pas là puisqu’ils atteindront les demi-finales. Leur retour à Bruxelles sera triomphal.

Cet épisode marquant du football belge, le performer suisse Massimo Furlan va le rejouer au stade du Standard de Liège le 29 septembre. Le spectacle s’intitule Enzo&Nico : E viva Mexico ! et s’inscrit dans la programmation 2012-2013 du Théâtre de la place. Seul sur le gazon liégeois et sans ballon, il va incarner tour à tour Enzo Scifo, auteur du premier goal belge, et Nico Claesen. L’artiste n’en est pas à son coup d’essai. Massimo Furlan a déjà créé de nombreuses performances footballistico-artistiques de ce type et les a jouées dans le monde entier. "Je vais rejouer ce match intégralement et à l’identique. Depuis des mois, je me prépare physiquement à cet exercice intense et j’apprends tous les gestes de Scifo et Claesen. Je ne suis pas un athlète de haut niveau (il a 48 ans et il fume, NdlR) alors, le burlesque va se déclencher", dit-il.

Mille sièges seront réservés dans les tribunes du Standard pour l’occasion et les spectateurs recevront à l’entrée un petit poste de radio avec lequel ils pourront écouter les commentaires du match. C’est le journaliste Thierry Luthers qui sera chargé de succéder à Franck Baudoncq, le commentateur de l’époque. Il deviendra, en live, le compteur de ce vrai-faux match. Sur l’écran géant du stade, on diffusera des images de la performance mais aussi des extraits du match de 86.

"Le public occupe une place importante dans ce type de spectacle. Il se laisse prendre au jeu et entre aussi dans la performance. Il crie, s’enthousiasme comme devant un vrai match. Je me souviens d’une recréation de la finale de la Coupe du monde 1982 qui opposait l’Italie à l’Allemagne où les spectateurs m’ont klaxonné à la sortie du stade", raconte Massimo Furlan.

La démarche artistique du Suisse s’inscrit dans un travail sur sa propre histoire et celle de son public. "Enfant, j’ai poursuivi une carrière internationale de footballeur en chambre. Je jouais des matches seul et j’étais le meilleur buteur de tous les temps !", évoque-t-il en souriant. "Quant au public, je lui transmets un moment d’histoire collective. Chacun pourra se reconnecter à cette période, à sa propre histoire et aux émotions qui y sont liées. Belgique-URSS, c’est une dramaturgie formidable, un match qui a fait basculer la Belgique dans une joie indescriptible et qui reste encore dans toutes les mémoires", souligne Massimo Furlan.

Infos et rés. : www.theatredelaplace.be

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