Europalia crie «Viva Italia»

GUY DUPLAT Publié le - Mis à jour le

Arts et Expos

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Ferrare, Le Titien, Giotto, Pompeï, les futuristes, le Piccolo Teatro: quelques uns des phares qu'on découvrira jusqu'à la fin janvier. Nous détaillerons au jour le jour, les 33 expos et les 200 concerts-spectacles programmés dans cet Europalia-Italie promis à un beau succès. Il était temps car Europalia se mourait. Les dernières éditions consacrées aux pays de l'Est à la veille de l'élargissement de l'Union européenne n'avaient guère attiré les foules.

Cet Europalia -Italie est une très grosse machine, unique au monde (le concept n'a jamais été reproduit ailleurs) qui a coûté près de 12 millions d'euros, une somme très importante payée quasi pour moitié par l'Italie qui en a fait un des grands événements de sa présidence européene, et pour moitié par la Belgique. Une somme qui est plus du double que celles payées pour les Europalia d'Europe de l'Est. Mais comment se construit un Europalia?

Et puis la Russie?

Patrick Nothomb, le père d'Amélie Nothomb et ancien ambassadeur belge en Italie, en est le commissaire-général infatigable et enthousiaste. Il se souvient avoir été approché par l'équipe d'Europalia, dès 1999 lorsqu'il était en poste à Rome. On pensait à un Europalia Italie en 2002, mais les Italiens insistèrent pour 2003, afin que l'événement coincide avec leur présidence européenne. Europalia voulait renouer avec les grandes manifestations d'antan. Pour l'Espagne, l'Autriche et le Japon, on dépassa chaque fois, le million et demi de visiteurs: dix fois plus que pour les derniers Europalia! Cette époque de gloire se termina avec l'échec cuisant d'Europalia Turquie qui ne se fit jamais pour cause de respect des droits de l'homme. Europalia jusqu'alors biennal, devint annuel mais se replia sur de «petits» pays qui ne parvinrent plus à captiver autant. Cette fois, on veut frapper fort. Et pour l'édition 2005 d'un Europalia redevenu biennal, on discute avec la Russie. On avait pensé un moment organiser un Europalia Chine en 2005, mais ce pays est déjà le co-organisateur d'une manifestation monstre en France en 2004. Va donc pour la Russie... si les négociations difficiles aboutissent bien entendu.

Les miracles d'Europalia

Europalia, c'est une équipe d'une douzaine de personnes dirigées par Kristine De Mulder, avec en plus, une douzaine de temporaires pendant le coup de feu automnal (dont la moitié d'historiens d'art). Côté italien, ce sont des fonctionnaires du ministère des affaires culturelles, dépendant des affaires étrangères qui gèrent le dossier et leur commissaire, Antonello Pietromarchi est comme Nothomb, un ancien ambassadeur.

Dès l'origine, les Italiens voulaient mettre l'accent sur Ferrare et la Renaissance. Les discussions furent vives comme d'habitude, «mais très constructives », soulignent Patrick Nothomb et Kristine De Mulder. Il y aura des expos «clés sur portes» comme celle sur l'architecture, des expos communes comme la mode et le baroque à Anvers et des projets purement belges comme les expos Pistoletto et Ontani. Cet Europalia bénéficiera de pièces exceptionnelles «intransportables» et qu'on n'aurait jamais vues sans l'impact d'Europalia, comme un panneau de Giotto et la Vénus d'Urbino. «Ce sont des miracles que seuls Europalia permet».

Tout cela coûte très cher, y compris en transports et assurances. Du côté belge, il fut difficile de boucler le budget avec la dotation à Europalia, la loterie nationale, la politique scientifique, les apports des Communautés et le sponsoring. Les musées partenaires sont sollicités et paient leurs frais propres. Il fallut, dit-on, un coup de pouce de Louis Michel, pour équilibrer les comptes contre la promesse que le centre de gravité de cet Europalia serait bien Bruxelles, capitale de l'Europe.

La structure d'Europalia est une ASBL appelé «Fondation Europalia international» dirigée par Paul De Keersmaeker, l'ancien ministre. Parmi la quinzaine d'adminitrateurs on trouve des représentants fédéraux et régionaux, le viconte Davignon, le baron Georges Jacobs et Paul Vandenbussche de la VRT. Une plus étroite collaboration avec le Palais des Beaux-arts vient d'être décidée. Les plus grandes expos traditionnellement présentées aux Beaux-arts, seront dorénavant coproduites par Europalia et le PBA qui devient un partenaire à part entière.

© La Libre Belgique 2003

GUY DUPLAT

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