Arts et Expos L’artiste roumaine qui impressionne à Venise et Kassel, est à Gand pour une expo intimiste d’une grande beauté. A 91 ans, Geta Bratescu représente cette année la Roumanie à Venise et, de l’avis unanime, son exposition est une des plus émouvantes de la Biennale. On la retrouve aussi à la Documenta de Kassel et, significativement, elle est maintenant reprise par Hauser & Wirth, sans doute la galerie la plus puissante au monde. La voilà pour la première fois en Belgique, au musée des Beaux-Arts de Gand. Cette reconnaissance si tardive rappelle celle de Louise Bourgeois qui lui ressemble sur bien des points ou de Yayoi Kusama devenue star mondiale très âgée, ou de Phillida Barlow révélée à 73 ans par le pavillon anglais à Venise. Elle s’explique par le fait d’être femme artiste mais surtout par sa vie même. Née en 1926, à 60 km de Bucarest, elle a vécu toute sa vie en Roumanie, longtemps sous le régime communiste de Ceausescu (au pouvoir de 1965 à 1989). Sans être une opposante déclarée, elle refusa toujours de rentrer dans le sytème et vécut dans l’espace clos de son « studio », y créant un monde, interrogeant depuis son atelier, la destinée humaine, la place des femmes, l’éthique, la maternité. Médée