Arts et Expos

La somme est impressionnante et sa mise en page et en chapitres plutôt classique et réussie, nous convainc que la Wallonie peut être fière de ses fils et de ses filles, les meilleurs d’entre eux à tout le moins, de ses écrivains à ses peintres, de sa Préhistoire à nos jours. La liste des auteurs intervenants est longue et riche, qui donne son poids et sa valeur de résistance à l’ensemble.

Resituer la Wallonie dans l’histoire s’imposait. Y sont passées en revue les périodes clés et, bien sûr, le Moyen Age en fut une, largement ventilée et racontée par le menu. L’histoire des villes n’est pas en reste, pas plus que cette Renaissance qui, en Wallonie aussi, fit mouche de noble manière. Mais qu’est cette Wallonie, dont on parle tant sans très bien savoir, souvent, ce qu’elle représente et comment elle s’est affirmée à travers les âges ? Qu’est-elle devenue et que sera-t-elle demain dans une Belgique redéfinie ? Un bout d’histoire générale, une révision des jugements trop hâtifs, une mise en valeur des réalisations et des projets en cours s’imposaient et ils donnent du corps et de la prestance à une étude qui s’arrête aussi aux individualités et mouvements qui y firent florès et y développèrent des réalisations culturelles et artistiques remarquables.

Il y est ainsi question de la langue et de la littérature wallonnes par rapport à la langue et à la littérature françaises. Le monde musical, si riche, y est passé au peigne fin, quand les arts de la scène sont à leur tour évoqués et détaillés, personnalités et images à l’appui. Les arts ne sont, bien sûr, pas oubliés : arts du Moyen Age, arts des XIVe et XVe siècles, arts plastiques du XVIe au XVIIIe et, plus près de nous, arts plastiques et graphiques récents, photographie, cinéma et arts visuels.

Rayon institutions, les musées et l’enjeu culturel qu’ils représentent sont étudiés et valorisés. Et place est faite dans tout cela à des figures qui en ont imposé par leur charisme ou leurs réalisations, de Campin ou Gossart à Rops, Rassenfosse, Paulus, Delvaux, Delahaut, Bury, Muyle ou Charlier du côté des arts plastiques ; Misonne, Marissiaux, Lefrancq, Grooteclaes ou Vercheval dans le domaine de la photographie ; on y dénombre maints réalisateurs de cinéma, de Luc de Heusch à Thierry Zéno, de Bonmariage à Thierry Michel, sans oublier les frères Dardenne ; la danse et Richard Flamand ; le théâtre, ses troupes et ses comédiens ; la littérature et son géant, Georges Simenon, sont de la fête parmi bien d’autres encore.

Et l’ouvrage d’en appeler aux corrélations, échanges, synergies qui ont pu ou peuvent exister entre la Wallonie et ses voisins allemands ou français, pour se conclure sur la grande question : "Existe-t-il une identité wallonne ?"

Editions du Fonds Mercator, 400 Pages, 400 illustrations en couleurs, 49,95 euros.