Arts et Expos Les 80 ans de l’artiste célébrés en 200 œuvres à la Tate Britain. Peintures, dessins, images numériques : le parcours d’un virtuose. En primeur, il dévoile deux nouvelles toiles.

La foule se pressait dans les treize salles du parcours, l’exposition à peine ouverte. Une rétrospective déclinée chronologiquement - si ce n’était la première des salles, sorte de petite rétrospective à elle seule - puisque réunissant des pièces témoins d’une longévité créatrice qui n’aura, dès le début, jamais hésité à ruer dans les brancards.

On se rend compte aussitôt combien David Hockney (Bradford, Yorkshire, 1937) aura toujours privilégié une façon décalée de peindre, de jouer avec les couleurs. Et, comme son maître Picasso, n’aura jamais hésité à remettre en question ses audaces plastiques par des retours, sinon à l’ordre du moins à plus de classicisme. Un classicisme à son tour enlevé avec brio.

Hockney aura, on s’en rend compte, été jusqu’à dessiner comme Ingres le faisait, avec une habileté conjuguée à une sorte d’intensité du trait. Avant Paris et le Centre Pompidou en juin, Londres, comme de juste, se délecte des temps forts et percutants (tout ne l’est pas !) d’un ouvrage qui vaut à Hockney d’être le plus grand peintre anglais vivant, quoique résidant depuis longtemps aux Etats-Unis.

Dès la deuxième salle, intitulée "Demonstrations of Versatility", on saisit combien Hockney a toujours aimé les citations, imagées ou écrites, en filigrane de son art. Combien il a pris dans l’art et les artifices du passé ce qui pouvait l’aider à transgresser l’abstraction ou le minimalisme ambiants.

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