Arts et Expos

Une grande évocation « Con amore » d’Hugo Claus, l’écrivain, le peintre, le poète, le réalisateur, mort il y a juste 10 ans. Au Palais des Beaux-Arts, un parcours sensible, rempli d’œuvres d’art et de souvenirs intimes, préparé par Marc Didden.

Non, Hugo Claus (1929-2008) n’est pas mort à 78 ans, d’une euthanasie, le 19 mars 2008, il y a juste dix ans. Son génie et son charme ravageur sont encore bien vivants à l’exposition que lui consacre le Palais des Beaux-Arts à Bruxelles. Une exposition intime qui ne vise pas à être complète ou scientifique car comment dire tout d’un homme qui a écrit des dizaines de livres, des centaines de poèmes, qui fut cinéaste et peintre. C’est, à la place, une vraie déclaration d’amour que lui rend Marc Didden, ami de Claus et, lui-même, multi-talents: journaliste, réalisateur, professeur, acteur, scénariste et commissaire de cette exposition.

« Je n’aurais jamais voulu faire une exposition sur Claus, mais bien une exposition pour Claus », nous dit-il. Il a pris comme titre « Con amore », la phrase que l’écrivain ajoutait souvent à la fin de ses lettres.

Marc Didden a croisé dans son adolescence l’oeuvre d’Hugo Claus et elle a bouleversé sa vie comme ce fut le cas pour tant de jeunes Flamands désireux de secouer un conservatisme marqué par la religion et les traditions : « J’étais élève chez les Jésuites au collège Saint-Jean Berchmans à Bruxelles dans les années 60-61, et nous avions visité une fête du livre néerlandophone où se trouvait un recueil de poèmes d’Hugo Claus. Le prêtre s’est alors écrié : ‘Didden ne touche pas à ça, c’est de la saloperie’. Bien entendu, l’interdit était attirant. Et peu après, je découvre dans le magazine Elsevier que lisait mon père, une photo d’Hugo Claus à Rome, assis à une table avec Karel Appel et deux superbes femmes, en train de boire des camparis. Je me suis alors dit que c’était cette vie là que je voulais avoir ! Et depuis, je suis tombé amoureux de tous les écrits d'Hugo Claus. »

L’exposition est conçue comme une film divisé en chapitres. Elle débute par « L’artiste en jeune chien », avec Claus enfant, dans l’atelier d’imprimerie de son père (il imprimait surtout des images pieuses) frappé par « l’odeur de l’encre et les rouleaux luisants de la presse ».

Vite, il s’échappa de ce petit milieu courtraisien qui l’oppressait pour aller à Gand, Ostende, Lille.

Les tableaux

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