Il pleut dans le musée des Beaux-Arts !

Guy Duplat Publié le - Mis à jour le

Arts visuels

Une photo choc, mercredi, en « une » du Standaard : des seaux sur le sol de la salle des Rubens au musée des Beaux-Arts de Bruxelles pour recueillir des gouttes de pluie suintant du plafond ! Une image qui a le grand mérite de souligner l’état scandaleux du bâtiment du musée d’Art ancien. La situation n’est pas neuve. Voilà des mois que le musée et ses conservateurs tirent la sonnette d’alarme. A chaque pluie, ils sont inquiets et surveillent les fuites et infiltrations éventuelles sur les murs. Régulièrement, il faut déplacer un Rubens ou une autre oeuvre pour les protéger, le temps que le danger passe, et même si ces déménagements ne sont jamais bons. Seize tableaux dont des Jordaens, ont dû retourner par sécurité dans les dépôts laissant des « vides » sur les murs.


En cause avant tout, le toit du bâtiment Balat à la rue de la Régence qui a besoin d’urgence de grosses réparations pour assurer son étanchéité. Mais le bâtiment est classé, les travaux sont chers et la Régie des Bâtiments propriétaire, n’a pas les moyens pour s’en occuper actuellement. La Régie travaille déjà au musée et doit aussi prendre en charge l’achèvement des 3000 m2 des ailes débarrassées de l’amiante qui devraient accueillir à nouveau le musée d’Art moderne fermé depuis cinq ans.

Mais la Régie dépendant du Vice Premier Jan Jambon (N-VA) est elle aussi soumise à de fortes économies, semble submergée et n’a pas ces dossiers dans ses priorités. Le gouvernement fédéral privilégie la construction de prisons et de palais de Justice. Le sort des musées fédéraux reste en rade, la situation étant encore pire au musée du Cinquantenaire, dont le bâtiment est dans un état déplorable.

Suite aux articles parus, Elke Sleurs (N-VA), secrétaire d’Etat en charge des musées, annonce une réunion prochaine avec la Régie et une réunion entre la Régie et les services techniques du musée. Elle a demandé aussi un rapport au musée. Il reste qu’après les tunnels qu’on ferme, voilà encore un triste dossier, dont cette fois, le fédéral est responsable.