Arts et Expos La grande expo anniversaire aura lieu en octobre, et traitera de l’influence de Magritte sur l’art contemporain.

René Magritte mourait, le 15 août 1967, il y a juste cinquante ans. Lui, le si turbulent jeune homme, était devenu les dernières années le petit bourgeois apparemment si conventionnel. Il était à heure fixe à son chevalet, à 11 h, retour d’être allé faire "pipisse au chien", il était envahi de manies que ses proches prenaient pour de l’humour provocateur. Il n’apparaissait plus en public que sous l’aspect d’un homme figé dans ses costumes. Mais c’était, dit-on, un conformisme tactique, une manière de se fondre dans le paysage pour mieux le faire exploser. Sa subversion avait sans doute quitté sa vie mais pour se réfugier dans ses travaux.

En juin de cette année-là, les Magritte avaient passé des vacances en Italie avec Scutenaire et Irène Hamoir. Le 4 août, une nouvelle rétrospective de son œuvre ouvrait au musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam. Mais Magritte mourait chez lui, au 97 rue des Mimosas à Schaerbeek, le 15 août en début d’après-midi, d’un cancer du pancréas. Il avait 68 ans. Il est enterré aux côtés de son épouse, morte en 1986, dans le cimetière communal de Schaerbeek.

Face à Broodthaers

Ce mardi 15 août, on célébrera cette date anniversaire, à Knokke, devant le casino, au "Magritte expérience" (chapeau melon sous lequel on peut avoir une "expérience" ludique de réalité augmentée d’une dizaine de minutes dans les tableaux de Magritte). Les 500 premiers visiteurs recevront un chapeau melon et, à 14 h, le critique d’art Eric Rinckhout dédicacera son livre "Magritte dévoilé" (éditions Manteau) qui dissèque 50 chefs-d’œuvre de Magritte. Rappelons que l’essentiel des événements liés à cet anniversaire aura lieu à la rentrée.

A l’Atomium

A partir du 21 septembre et pour un an, l’Atomium annonce que l’on "découvrira Magritte de manière ludique et surprenante". Trois œuvres iconiques de Magritte seront décryptées : "Les Amants", "Le Fils de l’homme" et "Le Double secret".

Surtout, il y aura, au musée Magritte, "Magritte et l’art contemporain" à partir du 13 octobre, où l’on verra les liens entre le peintre et Marcel Broodthaers.

L’influence des "tableaux-mots" (1927-1929) fut décisive, tant en Belgique qu’aux Etats-Unis, et contribua à l’émergence du conceptuel.

La dette de Broodthaers à l’égard de Magritte s’articule autour d’une relation commune à Mallarmé. On verra aussi dans cette exposition l’influence de Magritte sur des artistes actuels comme George Condo, Gavin Turk, Sean Landers, et David Altmejd.

Une seconde expo au musée Magritte, cernera le lien d’amitié entre Magritte et l’écrivain et critique Marcel Lecomte. C’est grâce à lui que Magritte découvrit l’œuvre de Giorgio de Chirico - qui va révolutionner sa vision de la peinture.Guy Duplat