Arts et Expos

On le connait principalement (voire uniquement) pour avoir concocté le film « Emmanuelle ». Mais Just Jaeckin recèle bien d'autres talents. Actuellement, Il expose ses plus beaux clichés à la Macadam Gallery, petite officine contemporaine qui trône place du Jeu du Balle à Bruxelles.

L'exhibition aurait pu se nommer : "Macadam se pave Just de noir et blanc". Plus sobrement intitulée « From Arles To Brussels... » , l’expo, imaginée par Damien Gard (photographe et responsable de la galerie), sillonne entre la jeunesse expérimentale du prometteur Obêtre et le prestige d’un label hexagonal nommé Just Jaeckin, produit d’appel de cette vitrine polymorphe jouant sur ces nuances binaires.

S’il s’est forgé une certaine notoriété grâce au 7ème art, ce précurseur de l’érotisme sur pellicule a pour premier amour la photo. Avant de lancer sa carrière de cinéaste, Just Jaeckin était photographe pour Vogue. Pendant 7 ans sous son objectif, il a vu défiler de grandes stars : de Brigide Bardot, en passant par sa muse Sylvia Kristel (l’interprète de la mythique Emmanuelle) ou encore Serge Gainsbourg et Jane Birkin.

« D’ailleurs, c’est moi ai présenté Jane à Serge » , se vante cet artiste touche-à-tout. "Cela s'est passé à Londres. C'est moi qui fus l'entremetteur. Et le courant n'est pas passé tout de suite entre les deux, loin de là. Serge s'est montré très dur avec elle..."

Just un insatiable "dikkenek"

« Je considère qu’il n’y a aucun art qui m’intéresse suffisamment pour ne faire que ça », clame-t-il. Et force est de constater que l’homme s’est empiffré à tous les râteliers : directeur artistique, sculpteur, réalisateur pour la télé ( Dim Dam Dom ), le natif de Vichy n’est pas « que » le mec derrière « Emmanuelle ». « Mais ce succès m’a permis d’ouvrir beaucoup de portes. » Et de faire gonfler légèrement son égo serait-on tenter de compléter. « J’ai un métier fabuleux. Ma vie, c’est un mélange de mise en page, de montage, de sport. Je suis un grand paresseux qui ne fait que ce qui l’amuse. »

Bref, Just formidable. Alors d’accord, le parcours de ce papy transgenre a de quoi fasciner, mais son utilisation de la première personne du singulier n’est pas sans rappeler certains dikkeneks de la ville lumière.

Désormais galeriste à Paris avec sa femme, Just aime rappeler qu’il a croisé des grands noms du starsystem bleu-banc-rouge, et parfois dans des circonstances particulières. « C’est le cas avec Francis Veber, Philippe Labro et Jacques Séguéla (de gauche à droite sur la photo). Nous avons fait la guerre d’Algérie ensemble, nous étions les 4 mousquetaires. J’étais photographe et eux journalistes de guerre, et ça restera pour toujours des frères de combat. »

Des champs de bataille aux vernissages guindés, Jaeckin en a décidément vu de toutes les couleurs. Même si pour le coup, ce sont certains de ses plus beaux clichés en noir et blanc qu'il a accrochés au cœur des Marolles. Il n’en reste pas moins un éternel inassouvi, toujours à la recherche de projets pour étancher sa soif créative. Pour preuve, il prépare actuellement un roman pour enfants.


Infos et renseignements : http://macadamgallery.com

Tél. : 02/502.53.61.

“Black & White Photography. From Arles To Brussels...” est à découvrir jusqu’au 2/3/2014