Arts et Expos

Xavier Noiret-Thomé. Peintures et sculptures récentes. Galerie Baronian- Francey, 2 rue Isidore Verheyden à Bruxelles. Jusqu'au 20 octobre. Du mardi au samedi, de 12 à 18 h.

On suit avec plaisir depuis quelques années le travail pictural de l'artiste français installé à Bruxelles, Xavier Noiret-Thomé (1971) qui fut résident à la Villa Medicis à Rome. Sans réelle rupture, sa nouvelle exposition fait apparaître des avancées dans la démarche. D'une part, un aspect plus léger, presque festif; de l'autre et comme en contraste, une audace accrue avec la puissante émergence de la figuration et la tonicité chromatique.

L'artiste a toujours manifesté une attirance pour les matières picturales et pour cette couleur argentée qu'il continue à poser souvent en fond ou impose en intervention monochrome. Cette couleur, relativement peu utilisée en peinture est néanmoins lourde de sens dans le contexte plastique tant par son appellation, son usage que par la référence au miroir, à la brillance avec une insistance par objets intégrés ou à la valeur décorative. A cette donnée qui reste la base d'un ensemble d'oeuvres dont des sculptures récentes, informes, peintures en masse, se joint le traitement en vive gestualité d'une pâte picturale dominée par le noir et dans laquelle s'inscrivent des réseaux linéaires qui conduisent à une lecture toujours un peu énigmatique du contenu.

L'élément neuf ne se révèle vraiment qu'à l'insistance du regard et en s'approchant des toiles : de fines ponctuations chromatiques un peu comme des confettis multicolores sont en réalité des petits objets anodins, perles de pacotille, étoiles fluo... et autres mini-bibelots qui introduisent subrepticement deux éléments qui vont soudain éclater dans quelques autres travaux : la couleur et la figuration. Ainsi les peintures se parent, prennent un tour ludique, festif, léger par rapport à la densité des matières et annexent le monde extérieur par ce qu'il a de plus anodin, dérisoire et superficiel.

Parallèlement Xavier Noiret-Thomé livre des toiles que l'on pourrait penser sans rapport et qui sont l'amalgame de toutes les expressions picturales utilisées par la modernité. On passe du barbouillage volontaire aux coulures, de l'application sage à l'envolée gestuelle, du bombage aux traces et même aux velléités de figure géométrique non sans un rouge pétant. Et la figuration surgit tel un phénix alors que la toile, limitée en ses bords, est devenue écran. Mais de quoi, de la peinture ou du monde ?