Arts et Expos Les fresques urbaines foisonnent dans les métropoles et constituent de véritables musées à l’air libre. Participant à cette révolution artistique, la ville de Bruxelles propose des parcours de street art depuis deux ans déjà. Et elle ne cesse de multiplier les projets artistiques urbains.


Le projet “Parcours Street Art” découle d’une décision politique de l’échevinat de la Culture et du Tourisme. Par volonté de décentraliser l'art et de le rendre accessible, l’échevine Karine Lalieux se tourne vers l’art urbain trois ans après le début de son mandat en 2012.

On s’est rendu compte de l’accessibilité qu’offrait l’art urbain, explique Emmanuel Angeli, conseillé culturel du cabinet de Karine Lalieux. On a alors rencontré des professionnels reconnus dans le secteur”. Et d’ajouter : “On avait envie qu’ils aient un espace où s’exprimer et qu’ils soient reconnus.

Avec un budget annuel de 100 000 euros, la ville de Bruxelles a fait l’acquisition de nombreuses œuvres d’art exclusives. Fin 2016, elle lance un site internet dédié au street art qui recense la majorité des fresques de rue au cœur de Bruxelles. “Il y a à la fois les œuvres commandées par appel à artistes, celles commandées directement à un artiste en particulier ainsi que les fresques non commanditées”, énumère Emmanuel Angeli.

En effet, le site reprend des œuvres “illégales” qui apparaissent dans la capitale belge. “On a gardé les plus emblématiques et celles qui ont résisté à l’usure et au temps, ajoute-t-il. On recense les fresques ‘illégales’ car on estime qu’il y a de la place pour l’art spontané.

En plus d’offrir des parcours à la carte, le site propose des ballades prédéfinies comme celle autour de la place Sainte Catherine. “D’autres parcours vont arriver avec le temps, comme un à Laeken”, précise le conseiller culturel. Ces galeries extérieures donnent une identité plus forte à la capitale européenne et permettent aux artistes d’être proches du public.

© Belga

Expansion de ces musées en plein air

L’échevinat bruxellois de la Culture et du Tourisme a récemment inauguré une nouvelle fresque du Belge FSTN (Pierre Coubeau de son vrai nom) en hommage à la chanteuse belge Annie Cordy. “Quand on a pensé l’événement, on a voulu ajouter une dimension plus contemporaine. On a donc voulu faire appel à un artiste bruxellois pour l’occasion, explique Emmanuel Angeli. On a proposé trois artistes à Annie Cordy et elle a fait confiance à l’esthétique de Pierre Coubeau.”

Le prochain projet de la ville est un appel à artistes pour la décoration de trois toilettes publiques. “Ici on transforme un problème de salissures et de tags en une opportunité, s’enthousiasme le conseiller culturel. On recherche toujours des murs pour de nouveaux projets alors pourquoi ne pas utiliser ceux de la ville.”

Divers quartiers bruxellois se colorent au fil des ans d’un nouveau patrimoine culturel. Discipline souvent sous-estimée et non considérée, l’art urbain s’impose de plus en plus dans l’environnement des grandes villes telles que Londres, Berlin.. et maintenant Bruxelles. Emmanuel Angeli l’affirme : “On a aussi envie de s’installer sur la carte européenne des villes de street art.