Arts et Expos

Marie-Françoise Plissart a été placée par le service des arts plastiques de la Communauté française parmi les artistes majeurs de la Communauté. Une liste resserrée où les élus sont rares et où elle côtoie Francis Alys, François Duyckaerts et Johan Muyle.

Ce n'est que justice car cette photographe et vidéaste née en 1954, s'est imposée ces dernières années sur la scène artistique. Elle a même obtenu il y a 3 ans, un lion d'or à Venise à la Biennale d'architecture, pour son travail photo et vidéo sur Kinshasa. Elle exposait alors dans le pavillon belge occupé cette année-là par... la Communauté flamande.

C'est elle aussi, qui avait réalisé un superbe travail sur le transsibérien avec ses complices de toujours, François Schuiten et Benoit Peeters, pour un Europalia Russie. On se souvient aussi de son étrange roman-photo publié aux éditions de Minuit et réalisé avec Jacques Derrida.

Mais Marie-Françoise Plissart est avant tout, une grande photographe d'architecture, un art difficile où son talent est devenu incontournable. Il n'y a quasi plus un projet architectural novateur en Belgique qui ne soit photographié par elle. C'est elle par exemple, qui a réalisé "l'album" sur l'Atomium rénové. Elle a l'art de trouver l'angle, le point de vue qui éclaire l'architecture.

Marie-Françoise Plissart est aussi amoureuse de Bruxelles, sa ville, sa belle, même quand elle est couturée de partout par les bulldozers. Elle l'a photographiée depuis 15 ans sous tous les angles. On se souvient de cette superbe photo où on la voit perchée sur la terrasse du sommet d'un building, devant le vide, la tête plongée sur l'objectif et une grande cape noire flottant au vent. Cette série de Bruxelles vue des toits fit autorité.

C'est cette photo qu'on retrouve aujourd'hui dans l'exposition des travaux de Marie- Françoise Plissart sur Bruxelles qui est proposée par la maison Autrique. On connaît ce nouveau lieu à Schaerbeek, une des premières maisons d'Horta oubliée et très bien restaurée à l'initiative de François Schuiten et Benoît Peeters. Marie-Françoise Plissart a d'ailleurs, photographié l'archéologie des travaux de restauration et on peut voir encore ces photos dans la maison.

Les nouveaux travaux de la photographe sont des grands formats de Bruxelles la nuit. Une ville creusée, meurtrie par les travaux du métro ou une ville de décors comme cette gare centrale dont on sait que l'architecte était Horta.. comme à la maison Autrique.

Une maison saine

Mais il n'y a pas que ses nouveaux travaux. On retrouve avec plaisir ses photos anciennes de la ville vue des toits quartier par quartier, sur des formats plus réduits ou dans un véritable album géant des quartiers de la ville. Ses premiers travaux de 1992, en noir et blanc, montrent la place des Martyrs, la bien nommée quand on voit l'état pitoyable des bâtiments à cette époque, ou montrent la beauté "différente" d'une cité administrative aujourd'hui démolie.

Un peu partout dans la maison Autrique, Marie-Françoise Plissart a placé des photos... d'araignées. Des images petites qui se faufilent, qui se placent dans les recoins de la maison. Ne dit-on pas qu'une maison saine doit avoir des araignées ? Araignées bienvenues dans cette vieille maison qui rappelle les débuts du XXe siècle. Mais l'araignée est aussi, pour Marie-Françoise Plissart, une métaphore de la ville et des fils qui se tendent, qui relient les gens, qui les emprisonnent aussi parfois.

Dans ce portrait d'une ville maltraitée mais si aimée, Marie -Françoise Plissart ajoute deux vidéos aux vues très architecturales.

"Marie Françoise Plissart's Brussels" à la maison Autrique jusqu'au 2 septembre, du mercredi au dimanche, de 12h à 18h. Chaussée d'Haecht, 266, à 1030 Bruxelles. Tél. : 02.215.66.00 et Email info@autrique.be