La Loge de l’art

Claude Lorent Publié le - Mis à jour le

Arts visuels

Pour avoir accueilli un temps le musée des Archives d’Architecture moderne et quelques manifestations publiques liées aux activités de cette institution, le lieu, une bâtisse moderniste construite en 1934-1935 par les architectes Bodson et Van Hooveld aux fins d’une loge de l’obédience maçonnique mixte Le Droit humain, est déjà connu du monde culturel et artistique. Récemment rénové, rafraîchi et réhabilité de manière à retrouver les espaces architecturaux d’origine, il se dote d’une nouvelle vocation à l’initiative de son propriétaire, l’architecte belge Philippe Rotthier qui vit à l’étranger depuis de très longues années. Ce qui ne l’empêche nullement, avec l’aide d’un nouveau conseil d’administration, de se lancer dans un nouveau projet, apparenté mais avec ses spécificités, à un centre d’art privé.

L’endroit, architecturalement assez singulier de tendance moderniste, dispose d’environ 300 m², dont une grande salle, et conserve son caractère originel. On n’est ni dans le white cube, ni dans la galerie ou la maison privée, c’est un lieu qui sans s’imposer trop fortement dégage une ambiance cultivée destinée à soutenir un programme d’activités dont les questionnements portent sur l’art, l’architecture et le design dans un esprit ouvert. La direction de l’établissement, pour son organisation et la programmation artistique, a été confiée à Anne-Claire Schmitz, une jeune Bruxelloise issue de La Cambre et de l’université de Maastricht qui a, jusqu’à présent, multiplié les collaborations principalement en galeries et centres d’art, à Anvers (Micheline Szwajcer), aux Etats-Unis, à Rotterdam (Witte de With), à Oslo, au Wiels Elle dispose donc d’une solide expérience pour mettre sur pied un programme qui, la première saison, se base sur quatre événements qui ne se focalisent pas exclusivement sur la notion d’exposition mais incluent un large espace de réflexion, des zones de discussion voire de théorisation. Elle souhaite initier des projets évolutifs ponctués d’événements impliquant diverses disciplines et points de vue. Pour l’avenir elle organisera une manifestation notamment avec Roe Ethridge (Novembre), puis un symposium, enfin développera un projet autour du Fonds Akarova.

Pour l’inauguration, elle a invité Sophie Nys (Anvers 1974 - Vit à Bruxelles) à présenter un film récent, inédit en Belgique, réalisé en janvier 2012 à Rio de Janeiro. Cette production vidéo, projetée sur très grand écran, avec une image de belle qualité, est une promenade magnifique, en boucle, dans le parc de Flamengo (Parque do Flamengo) qui sur sept kilomètre longe la côte entre ville ancienne et le bord de mer. Un parc artificiel, conçu et réalisé entre 1954 et 1959 par l’architecte paysagiste, artiste et botaniste, Roberto Burle Marx. La nature y est cadrée, implantée comme une urbanisation dans laquelle est d’ailleurs inscrite le musée des Beaux-Arts et en frontière, le serpent routier qui suit une certaine sinuosité sensuelle assez caractéristique de l’esprit local.

Autour de cette réalisation soutenue par une bande son originale du compositeur Arto Lindsay, qui s’est inspiré autant de la liste des plantes tropicales du site que des images, Sophie Nys a développé un projet basé sur la botanique en liaison avec le Jardin botanique de Meise qui détient une importante section de plantes tropicales brésiliennes. Elle en a tiré des photogrammes de graines, sorte de répertoire formel et expose également outre une vidéo sur les tortues de la maison de verre de Lina Bo Bardi, des herbiers anciens. Quatre événements ponctuels repris sur le site émailleront aussi l’exposition.

Sophie Nys. Parque do Flamengo. La Loge, 86, rue de l’Ermitage. Jusqu’au 3 novembre. ouvert du jeudi au samedi de 12h à 19h. www.la-loge.be

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